Alexis Saelemaekers, le diablotin du Diavolo

Par Aurélien Bayard publié le 02 Août 2020

Depuis presque 40 ans, aucun représentant du plat pays n’avait porté le maillot rossonero. Le dernier en date était Éric Gerets et l’expérience n’avait pas été concluante. Et si le lion de Rekem était arrivé avec un statut de joueur confirmé, c’est tout le contraire pour Alexis Saelemaekers. Portrait du petit Belge qui monte.

Grand écart sportif

Les pieds d’Alexis Saelemaekers ont d’abord foulé les tapis de sol avant d’atterrir sur un terrain de football. Né dans une famille sans aucun atome crochu avec le ballon rond, Saelemaekers se passionne pour la gymnastique et préfère donc les roulades aux roulettes. Fort heureusement, Alexis a un grand frère et il veut l’imiter en prenant une licence de football. Malheureusement, sa décision est tardive – nous sommes déjà en octobre – et les portes se referment brutalement sur le jeune homme.

Mais son père n’a pas dit son dernier mot et force le Beersel Drogenbos à tester son rejeton. Un entraînement plus tard et le voilà déjà intégré à l’équipe. Quelques mois passent et ses exploits viennent aux oreilles d’un entraîneur bien connu dans l’Hexagone, Roger Lemerre. Domicilié en Belgique depuis sa retraite des bancs, il réussit à lui dégoter un test à Lens. Dans le même temps, Anderlecht lui fait également une cour assidue. Alexis doit donc choisir entre les couleurs Sang et Or ou Mauve. Il opte pour la seconde option.

Petit poisson dans une grosse mare

Lorsqu’il arrive au centre d’entraînement d’Anderlecht, le surdoué de Beersel Drogenbos devient un vulgaire anonyme. Noyé dans la masse, son aspect chétif le prive d’être identifié comme un « purple talent ». Pourtant, l’absence à ce programme d’excellence ne nuit pas à sa progression. Et à force de travail et d’abnégation, son heure arrive enfin.

En Février 2018, Alexis porte pour la première fois la vareuse mauve. En 13 minutes, il n’arrive pas à changer l’issue du match contre Saint-Trond mais convainc son entraîneur de lui donner plus de temps de jeu. Lors des play-offs, les résultats sont catastrophiques mais Saelemaekers est une éclaircie dans le ciel sombre d’Anderlecht. Oscillant entre les postes d’arrière droit ou de milieu droit, il devient petit à petit un titulaire régulier. Bien que parfois brouillon, les observateurs louent sa technique et son envie. C’est donc naturellement qu’il intègre les U19 puis les espoirs belges.

Là encore, il aligne les bonnes performances et commence à attirer l’œil de plusieurs clubs. De nombreux prétendants affluent lors du mercato hivernal 2019. Alors Zvonimir Boban décroche son téléphone et appelle Alexis pour le convaincre. Une manœuvre des plus intelligentes puisqu’elle fait pencher la balance en faveur des Milanais. Et voilà Saelemaekers en prêt en Lombardie.

Une heureuse surprise

Appelé à remplacer numériquement Suso, leBelge ne s’attend pas à jouer avant quelques semaines. D’ailleurs, lorsque les Rossoneri se déplace au Hellas Verona, il prévoit de faire ses adieux aux supporters belges. Pioli en décide autrement et l’intègre dans le groupe. Mieux encore, il dispute ses premières minutes en rentrant à la place de Calabria. Saelemaekers vit alors un rêve éveillé. Jamais il n’aurait pensé porter un maillot si prestigieux deux ans à peine son premier match professionnel.

A l’instar de l’équipe milanaise, l’arrêt de la Serie A lui fait le plus grand bien. Exit les premiers pas timides, l’ancien mauve prend de l’épaisseur. Néanmoins, il reste encore perfectible dans certains domaines et cela n’échappe à Stefano Pioli : « Alexis a de la qualité mais il doit essayer d’être plus lucide dans ses choix. Il est jeune, il va grandir et corriger cela !».

Une critique qui prouve tout de même que l’ancien coach de la Fiorentina croit dur comme fer en sa pépite belge. Une idée partagée par le board milanais. Juste après son match contre la Spal où il évite une défaite humiliante contre la lanterne rouge, Saelemaekers s’engage définitivement avec le Milan AC jusqu’en 2024. Et si, finalement, l’un des transferts les moins ronflants de ces dernières années se transformait en bonne pioche pour l’avenir ?

Aurélien Bayard



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