Alessio Da Cruz, Entre deux marches

Par Aurélien Bayard publié le 14 Déc 2019

Après un départ canon, la jeunesse d’Ascoli avait pris le pouvoir en Serie B après 5 journées. Pas étonnant lorsque l’on sait que leur coach, Paolo Zanetti, s’était fait remarquer au FC Südtirol pour son bon travail avec les jeunes. Depuis, les bianconeri ont marqué le pas et pointent à la 11ème place. Mais Gianluca Scamacca, Andrew Gravillon et Alessio Da Cruz continuent de montrer leurs plus beaux visages. C’est ce dernier qui nous intéresse.

Auto-Sabordage

L’histoire entre le football et Alessio Da Cruz commence bien. En 2007, à 10 ans, il intègre le centre de formation de l’Ajax Amsterdam. L’idylle avec les lanciers dure 3 ans puis il est contraint de retourner dans le club de sa ville natale, l’Almere City FC. Pas découragé pour autant, il continue de travailler dur pour se faire remarquer par d’autres clubs. Sa bonne étoile veille sur lui car, 1 an plus tard, Twente l’enrôle. Rapidement considéré comme un wonderkid, il dispute ses premières minutes avec l’équipe première en 2015. Da Cruz se heurte à la différence de niveau entre équipe jeune et équipe sénior mais peut compter sur le soutien d’un homme : Alfred Schreuder. Malheureusement les résultats ne sont pas au rendez-vous et le technicien batave est débarqué au bout de 4 journées. Son remplaçant, René Hake, n’accorde pas le même crédit au jeune homme de 18 ans. L’histoire se complique et c’est Alessio qui en parle le mieux à voetbalzoen.nl en janvier 2018 : « J’ai foiré tout seul. Quand vous pouvez jouer dans un tel club à un tel âge, vous devez également être patient. Je ne l’ai pas été ». Catalogué « bad boy », le néerlando-cap verdien est mis de côté.

Reculer pour mieux sauter

Clairement plus en odeur de sainteté, Da Cruz doit faire ses valises. Pour emmagasiner du temps de jeu, il accepte de descendre d’un étage, en Eerste Divisie. Au FC Dordrecht, le jeune ailier peut enfin enchaîner les matchs et marque quelques buts. Mais surtout, il prend conscience que, s’il ne change pas de mentalité, il ne percera pas. « Je suis venu à Dordrecht avec un bon état d’esprit car j’ai réalisé que j’étais en train de m’écarter du bon chemin » ajoute-t-il à voetbalzoen.nl. Malgré cela, Da Cruz ne retrouve pas en Gerard De Nooijer la relation qu’il avait Schreuder. Et, à la fin de la saison, il ne veut pas poursuivre avec Dordrecht. Twente ne veut pas non plus revoir son bad boy et ne prolonge pas son contrat. Sa situation se complique : il ne croule pas sous les demandes et devient père d’une petite fille. Et sans argent pour renflouer les caisses, il est difficile d’élever une famille. La panique lui permet d’avoir un déclic. Il missionne alors son agent, Menno Groenveld, pour lui trouver un point de chute. Pays-Bas, Norvège, Suède, Alessio ne fera pas la fine bouche en cas de bonne proposition. Ce sera Novara et la Serie B.

Valeur sure de Serie B

Conscient qu’il a encore joué avec le feu, il décide se consacrer entièrement au football. Sous les ordres d’Eugenio Corini, Da Cruz impressionne en une demi-saison et des grands d’Europe lui font la cour. Arsenal, Liverpool, l’Inter Milan, tous souhaitent enrôler le virevoltant ailier. Finalement il reste raisonnable en rejoignant Parma pour 3 millions d’euros. Tout ne se passe pas comme prévu. Dès mars, il se blesse aux adducteurs et reste sur le flanc pendant deux mois. Mais surtout, il voit Gervinho débarquer en Emilie-Romagne lors du mercato 2018. Alessio végète sur le banc et repart en Serie B à La Spezia en janvier 2019. Non conservé par le club portuaire, il cherche un nouveau point de chute l’été dernier. Alors Paolo Zanetti se pointe pour récupérer le jeune espoir. Avec 6 buts et 5 passes décisives en 14 matchs, Da Cruz rend déjà la confiance placée en lui. En continuant ainsi, il pourrait de nouveau attirer l’attention des clubs de Serie A, et ce dès janvier.

Aurélien Bayard



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