Alekseï Miranchuk : le vice-Iličić tant attendu

Par Nicolas Segura publié le 13 Sep 2020

À 24 ans et après neuf années au Lokomotiv Moscou, l’espoir russe quitte la mère patrie pour tenter sa chance dans un grand championnat. L’Atalanta, comme toujours à l’affut des bonnes affaires, a décidé de miser sur Miranchuk pour renforcer encore plus son attaque, déjà très performante. Le Russe est arrivé en Lombardie pour pallier l’absence d’Ilicic, absent encore quelques temps. Heureux hasard : la date d’anniversaire d’Alekseï Miranchuk est la même que celle de la création de l’Atalanta (17 octobre).

Le leader technique du Lokomotiv

Présent depuis 2011 au club et professionnel depuis 2013, Alekseï Miranchuk est un symbole d’espoir en Russie. Aucun joueur de ce pays n’a dernièrement réussi à s’imposer dans un grand championnat. Le sélectionneur de la « Sbornaïa », Stanislav Cherchesov, avait soutenu le transfert de Miranchuk à l’Atalanta : « On aimerait que nos joueurs aillent dans les tops championnats, où ils pourraient s’améliorer. C’est dans ces pays-là que nos joueurs peuvent atteindre leur meilleur niveau et c’est en Europe qu’il sera forcé de jouer à un niveau supérieur. C’est utile pour l’équipe nationale. »

Lors de la saison écoulée, Miranchuk s’était déjà fait remarquer face à une équipe italienne. Il s’était distingué en inscrivant un but lors des deux matchs face à la Juventus en Champions League. Toutes compétitions confondues, le Russe a marqué seize buts et délivré cinq passes décisives en 2019/2020. Joueur très technique, il va donc découvrir un championnat étranger, sept ans après ses débuts en tant que professionnel. D’après Mundo Deportivo, même le FC Barcelone était intéressé par son profil. Il y a un an, celui qui entraînait alors le Lokomotiv, Iouri Siomine, déclarait qu’Alekseï Miranchuk ne quitterait le club moscovite seulement pour rejoindre la Juventus ou le club blaugrana : « Son frère joue ici, les supporters l’adorent, s’il ne rejoint pas ces clubs, il restera. » Il faut dire que son frère jumeau, Anton, a commencé à jouer au Lokomotiv Moscou en même temps. C’est donc la première fois que ces deux frères se séparent pour de bon. Mais Alekseï a sans doute changé son fusil d’épaule en rejoignant l’Atalanta, club moins prestigieux mais jouant la Champions League cette saison. Rejoindre un grand championnat européen est pour lui « un rêve ». Il ne pouvait passer à côté de cette occasion, après plus de 200 matchs avec le Lokomotiv.

Quelle intégration dans le dispositif de Gasperini ?

Acheté pour seulement 14,5 millions d’euros, il est capable d’évoluer en milieu offensif ou sur les ailes. Du moins c’est ce qu’il a montré avec le Lokomotiv. En Russie, Miranchuk était positionné la plupart du temps numéro 10 dans un 4-2-3-1. Avec Gasperini, il devra travailler pour s’intégrer dans une nouvelle équipe, ce qu’il n’a jamais fait auparavant. Dans le 3-4-3 de l’Atalanta, à l’image donc d’Ilicic, il sera en soutien de Zapata, à la même hauteur que Papu Gomez.

La Dea gagne en profondeur au niveau de l’attaque, vu que Malinovskyi est lui aussi capable d’évoluer à ce poste. Pour l’Atalanta c’est un investissement à la fois important, au vu de ses récents achats, et malin, car Miranchuk a tout d’un joueur qui peut exploser la saison prochaine à l’image de Malinovskyi. Si le Russe arrive blessé au sein de l’effectif, il pourra pallier l’absence d’Ilicic, qui ne reviendra qu’en novembre. Le temps de se remettre en forme, le Slovène ne pourrait être totalement opérationnel que dans quelques mois. Cette longue absence pourrait profiter à Miranchuk. Si son intégration au collectif bergamasque bien huilé est encore incertaine, son talent individuel n’est plus à prouver.

Nicolas Segura



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