Albiol, la fin de la fin

Par Rémi Falvo publié le 19 Fév 2019

La sentence est tombée : saison terminée pour Raùl Albiol. Le défenseur central napolitain, selon un choix personnel a décidé de se faire opérer, se donnant comme objectif de régler ses problèmes récurrents au genou. Si tout se passe bien, il sera de retour frais et disponible pour la préparation physique estivale, pour préparer la nouvelle saison 2019/2020. Seulement, Raùl Albiol a 33 ans. Ses dernières performances, honnêtes, n’ont tout de même pas été des exemples de sérénité, et Kalidou Koulibaly a souvent dû rattraper les erreurs de l’Espagnol. En quelques mots, Albiol et le Napoli, ça risque bien d’être fini.

Une opération, avant de dire arrivederci

Est-ce qu’un club, qui ambitionne de faire quelque chose sur la scène Européenne, que ce soit en Europa League cette saison ou en Champions League l’an prochain, peut se permettre d’attendre, dans l’incertitude, le retour en forme d’un défenseur de 33 ans, qu’on a déjà jugé sur le déclin il y a de ça au moins un an? La réponse est non. Même dans le cas d’un Gigi Buffon à la Juventus, la Vieille Dame n’a pas pu se permettre de renouveler sa bandiera car elle était jugée « plus au niveau ». Il faudrait être un sacré amateur de football romantique pour croire que la direction Napolitaine va prendre à part Albiol et lui dire : « Raùl, prend le temps qu’il te faut pour revenir à ton meilleur niveau, tu as ta place dans l’axe qui t’attend au chaud. » La situation la plus probable, c’est que Maksimovic termine la saison dans l’axe avec Koulibaly en substitut d’Albiol, et qu’en fonction de ces quatre prochains mois, la cellule de recrutement décide si oui ou non il faut recruter un stoppeur digne de ce nom, pour épauler Kalidou, qui évidemment devra rester au club. D’autant plus, que, même s’il y a été plus ou moins contraint, Albiol a déclenché l’opération. C’est lu qui a choisi de se faire opérer à ce moment-là. Probablement voyant que son club ne jouait plus la Champions League, et ne gagnerait probablement pas le Scudetto. Et c’est déjà une attitude de détachement de son club qu’il a donc choisi d’adopter.

Un déclin lent, mais certain

Présent dans l’effectif napolitain depuis 2013, ramené par Rafa Benitez, Albiol a su convaincre tous ses coachs depuis. Quasiment chaque saison, exceptée celle où il se blesse en 2016/2017, il est le joueur le plus utilisé par son coach, présent en moyenne 35 fois au coup d’envoi des matchs de Serie A. Et oui, c’est tout de même un ex-Real Madrid, un champion du monde 2010 avec l’Espagne, une valeur sûre. C’est le stoppeur d’expérience dont le Napoli avait besoin à ce moment-là. Mais aujourd’hui, même si ses derniers matchs étaient plutôt corrects, ils ne masquent pas une baisse de niveau globale du joueur. Si on ne parle que très peu de ces performances médiocres, notamment en Champions League, c’est parce que Mario Rui a monopolisé toute l’attention négative, en marquant contre son camp, et en faisant des bourdes aussi grosses que la désillusion qu’elles ont provoqué chez les tifosi. Le match contre Liverpool a été un miroir des limites du stoppeur. Limites qui, avec le temps, sont de plus en plus rapidement atteintes. Il se fait assez fréquemment prendre de vitesse, et même si il compense par un placement quasiment irréprochable, il y a certaines situations où cela ne suffit pas. Le déclin de Raùl Albiol n’est pas aussi criant qu’il peut l’être chez certains autres joueurs, qui d’une saison à l’autre sont jugés bons pour la casse, mais il existe bien. Long à se manifester, mais certain, il ne laisse que deux possibilités au Napoli : recruter un stoppeur de classe mondiale cet été, ou faire de Maksimovic un top joueur à son poste. Quitte à casser la tirelire, De Laurentiis serait bien inspiré de faire de ce problème du stoppeur sa priorité pour le prochain mercato estival.

Rémi Falvo

Rédacteur



Lire aussi