Affaire Lazio : le point sur les enquêtes en cours

Par Grégory Canale publié le 23 Nov 2020

Depuis plusieurs semaines, la Lazio est empêtrée dans un scandale lié à la crise sanitaire. Le club est accusé de violation du protocole Covid-19. Progressivement, de nouveaux éléments émergent des deux enquêtes ouvertes. L’une est sportive, l’autre pénale. Calciomio fait le point en cette semaine qui pourrait être charnière dans les investigations.

Avant la lecture, n’hésitez pas à consulter notre article sur le début de l’affaire : Covid-19, la Lazio en pleine tempête 

Enquête pénale : la Lazio, partie lésée ?

Après la révélation des faits, le tribunal d’Avellino a ouvert une enquête pénale le 3 novembre pour faux, escroquerie et propagation d’épidémie. Dans le viseur « Futura Diagnostica », laboratoire situé dans la ville de Campanie, avec lequel travaille quotidiennement la Lazio pour réaliser les dépistages au coronavirus avant chaque rencontre de Serie A. Celui-là même qui a délivré à certains joueurs des tests négatifs alors que d’autres structures, Synlab de l’UEFA et Campus biomédical de Rome, diagnostiquaient une positivité de leur côté.

Y a-t-il eu divulgation de résultats mensongers ? Les contre-analyses menées sur les 95 écouvillons saisis, ceux réalisés avant Lazio-Juventus, devraient apporter des réponses. Les conclusions de ce travail mené par la virologue Maria Landi à l’hôpital Moscati d’Avellino sont attendues dès le début de la semaine. Pour le moment, seule une personne est poursuivie dans l’enquête pénale. Il s’agit de Massimiliano Taccone, président du conseil d’administration de « Futura Diagnostica ». Les enquêteurs ont également séquestré les rapports de plus de 1000 dépistages effectués par la Lazio depuis mai dernier. Dans cette partie pénale des investigations, la Lazio pourrait se retrouver finalement partie lésée. Affaire à suivre.

Enquête sportive : les liens Lazio-ASL au cœur des interrogations

Dans le même temps, la justice sportive de la FIGC enquête également. Plusieurs joueurs de l’effectif biancoceleste se sont entraînés avec le groupe et ont pris part au match contre le Torino, le 1er novembre. Pourtant, quelques jours plus tôt, ils avaient dû déclarer forfait contre Bruges pour raison Covid. C’est précisément sur les faits du 26 octobre, veille de la rencontre de Champions League où les premiers cas positifs sont apparus, que se concentre le procureur fédéral Giuseppe Chinè. L’enquête doit déterminer si toutes les procédures de quarantaine ont été respectées.

Et vérifier également quelles sont les raisons qui ont poussé la Lazio à mettre fin à l’isolement des joueurs concernés, avant la période réglementaire de dix jours. Ce qui est le cas d’Immobile, positif le 26 octobre au Synlab de l’UEFA, mais qui a réintégré le groupe pour le duel face au Torino, après deux tests négatifs du « Futura Diagnostica » les 30 et 31 octobre. D’autant que l’attaquant a été de nouveau dépisté positif quelques jours plus tard. Est-ce que cette décision a été prise par la Lazio seule ou en accord avec l’autorité sanitaire locale (ASL) compétente ?

Sur ce point les versions divergent. Pour la région du Latium, l’ASL entretenaient uniquement des contacts téléphoniques avec les Biancocelesti. Eux, affirment de leur côté avoir communiqué très régulièrement et avoir agi dans les règles concernant les joueurs et membres du staff positifs au coronavirus. En cas de violation avérée du protocole sanitaire, la Lazio risque de l’amende à l’exclusion du championnat, en passant par un retrait de point ou la rétrogradation.

Grégory Canale

Rédacteur



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