Adrien Rabiot : L’année de la rédemption ?

Par Tom Crippa publié le 23 Sep 2020

Invité surprise de la dernière sélection de Didier Deschamps pour affronter la Suède et la Croatie les 5 et 8 septembre dernier, Adrien Rabiot renaît du côté de la Juventus. Jouissant d’une image écornée suite aux évènements pré-Coupe du Monde 2018 (refus d’être réserviste) et au PSG (refus de jouer devant la défense, départ en fin de contrat), c’est un euphémisme de dire que cette convocation vient de loin. Prêt à entamer sa deuxième saison de l’autre côté des Alpes, le « Duc » est en recherche de rédemption auprès des siens.

Une émancipation bénéfique ?

US Créteil Lusitanos, US Alfortville, Créteil à nouveau, Manchester City, Pau, Pôle Espoirs de Castelmaurou et enfin le Paris Saint-Germain. Cette liste ne correspond pas aux équipes présentes à un tournoi de jeunes. Au contraire, ce sont les clubs pour lesquels Adrien Rabiot a joué en phase de formation. S’il a beaucoup bougé, il n’en reste pas moins associé au PSG depuis ses débuts pro. Surdoué depuis toujours, il a cependant bénéficié d’une sur-protection qui a pu jouer en sa défaveur. D’abord par le club, mais surtout par Véronique, sa mère et surtout agent. Omniprésente dans la carrière de son fils, Véronique Rabiot n’est plus la bienvenue du côté de Paris. En effet, ses prétentions salariales bien trop élevées ont menées au départ libre de son fils du côté . De plus, elle s’est faite remarquer dès les premières minutes de son fils sur le sol italien. Aussi, elle a retardé la présentation de son fils car elle avait aperçu un caméraman sur le tarmac de l’aéroport (en réalité le caméraman du club). Fabio Paratici aurait ensuite mis les choses au clair avec elle, lui ordonnant de prendre du recul. Mission réussie pour le directeur sportif turinois : Libéré d’un poids médiatique, Adrien Rabiot a montré à toute l’Italie son talent. En effet, le Français a été l’une des seules satisfactions des Bianconeri sur le terrain, au point de devenir l’une des seules certitudes au milieu de terrain pour la saison à venir.

Un titulaire évident ?

Le milieu de terrain représente le plus gros point d’interrogation de l’effectif turinois. En effet, si Miralem Pjanic et Blaise Matuidi ne sont plus là, Weston McKennie (ex Schalke 04) et Arthur (ex FC Barcelone) ont rejoint la Vecchia Signora. Ainsi, dans le milieu à 3 que semble prôner le néo-entraineur Andrea Pirlo, Adrien Rabiot pourrait bien s’imposer comme un homme de base. Polyvalent, le joueur de 25 ans ne semble plus rechigner à jouer en pointe basse devant la défense (il l’a fait épisodiquement sous Maurizio Sarri). De plus, sa dimension athlétique, ses qualités de percussion et de transmission font de lui une solution tactique qui ravira l’entraineur italien. Qu’il joue regista, mezzala ou dans un autre rôle, sa première saison joue en sa faveur. Pour autant, ce sont bien ses qualités l’installent directement comme l’un des premiers noms couchés sur la feuille de match.

Performant dès le coup d’envoi de la saison ?

Il est vrai qu’une saison se joue sur 38 matchs. D’autre part, il est aussi vrai qu’Adrien Rabiot n’a pu étaler son plein potentiel qu’à partir de janvier. A sa décharge, le jeune milieu arrivait à la Juventus après une longue période (6 mois) sans jouer. De plus, la préparation estivale turinoise est connue comme l’une des plus exigeantes physiquement. Certains la décrivent comme militaire. Emoussé physiquement, sa première partie de saison fut correcte, sans plus. Après avoir digéré ces évènements et s’être adapté au football italien, le Duc a peu à peu pris son envol. Il est apparu juste dans son jeu, impliqué défensivement, élégant et important dans la conservation du ballon. Le point d’orgue de sa saison sera son but magnifique face au Milan AC. La seule réelle inconnue reste donc la capacité de Rabiot à élever son niveau de jeu sur une saison entière. A voir si Il Maestro fera de lui Il Duca.

Tom Crippa



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