À Spinazzola de prendre un couloir !

Par Matthieu Pianezze publié le 12 Oct 2019

A l’approche de la fin des qualifications pour l’Euro 2020 et à l’orée d’un ticket officiellement en poche, Roberto Mancini tente d’affiner ses choix en vue de bâtir un groupe fiable et compétitif l’été prochain. Ainsi, la question des hommes de couloir de sa défense est fondamentale dans le cadre de son animation de jeu, basée sur la possession et les redoublements de passe. La technique, l’activité et le jeu en mouvement de Leonardo Spinazzola lui offre des atouts pour s’imposer comme un potentiel titulaire. Le point sur sa situation.

Mettre fin à cette spirale de blessure

Le natif de Foligno, désormais âgé de 26 ans avait enchainé à plein régime les rencontres entre l’été 2016 et le printemps 2018 sous les couleurs de l’Atalanta avec une belle régularité dans ses prestations. Dans le 3-5-2 de Gasperini, il jouissait d’une totale liberté pour arpenter son couloir gauche et proposer une solution permanente à ses coéquipiers. Cependant, après avoir été touché au genou pour ce qui apparaissait dans un premier temps comme une simple distorsion qui allait empirer au fil des mois et pourrir sa fin d’aventure avec la Dea. La Juventus à qui il appartenait, se décida quand même à le ramener au bercail lors du mercato estival 2018.

Pas totalement remis de sa douleur au genou qui va empirer au fil des semaines jusqu’à le pousser à l’opération il ne fera ses débuts qu’en janvier dernier lors d’un match de coupe face à Bologna. Face à la concurrence de Joao Cancelo, De Sciglio et Alex Sandro, Spinazzola eu du mal à trouver du temps de jeu. Il se fera néanmoins remarquer lors du huitième de finale retour d’anthologie de Champions League remporté face à l’Atletico 3-0 avec une prestation monstrueuse dans le couloir gauche. On cru à ce moment là que la machine était lancée mais il ne fera que quelques apparitions pour boucler sa saison sous les ordres d’Allegri en alternant avec divers pépins musculaires.

Un départ à la Roma pour conquérir la Nazionale

Après avoir gouté à nouveau à la Nazionale en mars, Spinazzola a quitté la Juventus à la surprise générale cet été, au grand damn de nombreux tifosi qui voyait en lui une alternative crédible à Alex Sandro. Dans la capitale, il a découvert un nouvel entraineur Paolo Fonseca qui apprécie son profil et sa polyvalence pour l’utiliser à droite le plus souvent mais aussi à gauche pour faire souffler un Kolarov souvent peu avare en effort. Sa fragilité a cependant vite refait surface juste avant le début de la Serie A avec une nouvelle blessure musculaire à la cuisse gauche. Sur le flan pour trois semaines, il a attaqué sa saison avec une jolie prestation face à Sassuolo mi-septembre. Mancini ne lui en a pas tenu rigueur en le convoquant pour ces deux matchs face à la Grêce puis face au Liechtenstein.

Il apprécie la qualité technique et l’apport offensif d’un joueur qui a clairement annoncé en début de rassemblement sa préférence pour le couloir gauche « J’ai toujours joué à gauche et c’est le couloir que je préfère. Je suis droitier et si le sélectionneur veut me faire jouer à droite je le ferai, mais je ne suis pas habitué à recouvrir cette zone ». Avec les forfaits de Florenzi et de De Sciglio, les places devraient se jouer entre Spinazzola, D’Ambrosio, Di Lorenzo et Biraghi. Face à des équipes qui vont évoluer très bas avec des blocs compacts, il semble évident que les qualités offensives de l’ancien joueur de l’Atalanta permettrait de déstabiliser les défenses adverses, à moins que Mancini préfère donner les clefs à des joueurs qui enchainent les minutes comme D’Ambrosio et Di Lorenzo. Si son corps le laisse tranquille, Spinazzola devra se montrer à la hauteur pour étaler dans la durée des qualités et un registre quasiment unique en Italie, pour prendre en main et ne plus lâcher l’un des deux couloirs de la Nazionale.

Matthieu Pianezze

Rédacteur



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