2014/2015 : la dernière épopée du Napoli en Europa League

Par Nicolas Soldano publié le 21 Fév 2019

A l’occasion des matchs retours des seizièmes de finale d’Europa League, voici le deuxième épisode du dossier en trois volets sur les plus belles épopées européennes du Napoli.

L’ère Benitez, la période hispanophone

Arrivé de Chelsea à l’été 2013, Rafael Benitez a connu deux saisons riches en émotions du côté de la Campanie. Au delà de ses statistiques à la tête du Napoli qui furent bonnes sans plus (59 victoires, 28 nuls, 25 défaites) et du classement de l’équipe (troisième en 2014 puis cinquième en 2015), le tacticien ibérique a surtout marqué le club autour de trois aspects. Premièrement en termes de titres, puisque avec deux trophées à son actif, une Coppa et une Supercoppa, il est devenu un des entraîneurs ayant ramené le plus de titres au club derrière notamment le légendaire Ottavio Bianchi. Deuxièmement, au niveau tactique, il aura laissé une marque indélébile sur l’équipe et donc par association sur certains joueurs qui l’a eu sous son aile. Sa vision très espagnole de la construction du jeu dans la partie la plus avancée du terrain adverse posera les premières pierre du football basé sur l’ultra possession que réussira à installer plus tard Maurizio Sarri. Basé autour d’un 4-2-3-1 quasi inamovible, l’effort individuel au service du collectif et le travail défensif des attaquants seront des préceptes tactiques qui marqueront profondément certains joueurs, qui, encore aujourd’hui ont gardé des automatismes de cette période. Troisièmement, son statut de coach de très haut niveau lui a permis de faciliter le recrutement de joueurs talentueux à Naples, grâce entre autres à ses contacts madrilènes. C’est simple, durant son passage en azzurro, l’effectif a compté 6 joueurs espagnols (Albiol, Callejon, David Lopez, Reina, Michu, Dolbas) et même 14 joueurs hispanophones si l’on ajoute les sud-américains (Higuain, Fernandez, Andujar, Vargas, Gargano, Britos, Zuniga, Zapata), ce qui représente bien entendu un record dans l’histoire du club. De plus, il amène en 2015 le Napoli en demi finale de coupe d’Europe, une performance inédite pour le club depuis 1989. Autre fait marquant de cette époque, l’édition 2013/2014 de Champions League, où l’équipe ne parvient pas à sortir du « groupe de la mort » (une habitude historique du club) comprenant Dortmund, Arsenal et l’OM malgré 12 points et une égalité presque parfaite avec les deux premiers de la poule.

Hamsik et De Laurentiis soulevant la Supercoppa à la fin du match face à la Juventus à Doha (Qatar)

Une Europa League ouverte… et à l’accent italien

Cette édition de 2014/2015 de C3 est évidemment marquée du sceau sévillan puisqu’elle verra le FC Séville d’Unaï Emery, tenant du titre, gagner une deuxième fois la compétition, avant de la gagner une troisième fois de suite lors de l’édition suivante. Parmi les participants de cette édition, il y a du beau monde : Tottenham, l’Inter, la Roma, Liverpool, la Fiorentina, Everton, Naples, Wolsbourg et Villareal. Peu nombreux sont ceux qui pense que Séville est en position de force pour rééditer son exploit de 2007 où le club était parvenu a conserver son titre vue l’adversité. Autre particularité, cette année d’Europa League avait fait du bien au coefficient UEFA italien ! Les quatre clubs présents en phase de groupe se sont tous qualifiés pour la phase finale en finissant premier de leur poule à l’exception du Torino. La Roma, reversée de la Champions League est ensuite venu garnir les rangs pour poursuivre le sans faute italien jusqu’en huitième de finale avec un jolie cinq sur cinq, devenant le pays le plus représenté du tableau. Par la suite, deux clubs de la botte se hisseront jusqu’en demi finale, la Fiorentina et le Napoli, permettant cette saison là à l’Italie de placer trois clubs sur huit en demi finale de coupe d’Europe (Juventus s’étant également qualifiée en C1).

Le tableau des huitième de finale d’Europa League édition 2014/2015

 

Wolsburg pour jubiler, le Dnipro pour pleurer

Le Napoli, après avoir échoué face à L’Athletic Bilbao en barrage de Champions League, se retrouve reversé en C3. La phase de groupe n’est qu’une formalité car peu relevé, les partenopei finissent assurés d’être premier devant les Young Boys de Bernes et le Sparta Prague avant même le dernier match. Seul fait marquant, le déplacement de l’équipe dans le stade du Slovan Bratislava, club formateur d’Hamsik, qui lui offre une belle ovation pour son retour. Les seizièmes et les huitièmes ne posent pas plus de soucis puisque les napolitains se dé-fonds aisément de Trabzonspor (4-0 puis 1-0) et du Dinamo Moscou (3-1 puis 0-0). Néanmoins, arrivé en quart, les choses se corsent.

Le Napoli tombe sur le Vfl Wolsbourg de Dieter Hecking qui fait parti des favoris de la compétition et qui comprend à ce moment là un effectif de belle qualité : De Bruyne, Perisic, Schürrle, Dost, Luis Gustavo, Naldo, Ricardo Rodriguez… Un effectif qui marquera d’ailleurs profondément le club de Basse-Saxe durant cette année 2015 avec une deuxième place en Bundesliga ainsi qu’une coupe et une super-coupe d’Allemagne (les premières de l’histoire du Vfl). Le match aller est en Allemagne, dans une Volkswagen-Arena pleine à craquer. Mais contrairement au match serré que beaucoup présageaient, c’est le Napoli qui va rapidement prendre le dessus en marquant deux fois durant les trente premières minutes. Les azzuri contrôlent le match et ajoutent même deux autres buts en deuxième période, grâce notamment aux performances majuscules de Maggio, Inler, Higuain et surtout Hamsik (2 buts et une passe décisive). La réduction du score de Bendtner ne change rien, le match retour en Italie débouchera sur un score de 2-2 ne laissant pas de place au suspense et le Napoli file en Demi. Le tirage semble d’autant plus clément puisque ce sera contre les surprenants Ukrainiens du Dnipro Dnipropetrovsk.

Favori naturel, les hommes de Benitez sur-domine le match aller au San Paolo où le Dnipro se contente de défendre. En deuxième période, le Napoli fait enfin sauter le verrou sur corner, et c’est David Lopez qui s’élève plus haut que tout le monde pour le 1-0. Le match touche à sa fin lorsque sur une contre attaque anodine, les ukrainiens parviennent à marquer. C’est leur premier tir cadré du match. De plus, le ralenti le confirme, deux joueurs dont le buteur sont hors-jeu d’un mètre ! Les napolitains sont furieux et le match se termine dans une broncha générale. Ils doivent donc tout faire pour gagner au retour, sous peine d’être pénalisé par ce but encaissé à domicile. Sauf qu’en Ukraine, le cauchemar continu. Les occasions s’enchaînent mais le Napoli n’arrive pas à conclure face à une équipe qui défend avec ses trippes. Higuain rate par deux fois l’immanquable, la pression de l’urgence semble tétaniser les joueurs, le Dnipro lance une dernière contre-attaque et marque. Le coup de poignard est trop douloureux, le Napoli ne s’en relèvera pas…

 

Nicolas Soldano

Rédacteur



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