1993 : Carnevale (AS Roma) acteur malgré lui de la lutte pour le maintien entre la Fiorentina et l’Udinese

Par Sébastien Madau publié le 23 Mai 2021
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La dernière journée de Serie A se dispute ce dimanche. Si le suspens demeure concernant la qualification en Champions League, le sort des équipes devant descendre en Serie A est, quant à lui, scellé : Parma, Crotone et Benevento joueront la saison prochaine dans la série cadette. Cela ne fut toutefois pas toujours le cas. Le calcio a vécu, régulièrement, des dernières journées au cours desquelles, le couperet est tombé dans les ultimes instants. Parfois sans aucune contestation de la vérité du terrain, mais parfois avec des contestations qui, aujourd’hui encore, demeurent intactes. Parmi ces dimanches traumatiques, celui du 6 juin 1993 qui voyait l’Udinese (29 points), la Fiorentina (28) et Brescia (28) s’opposer à distance pour éviter la relégation en Serie B.

Udinese, Fiorentina, Brescia à distance

En effet, en ce dimanche du printemps 1993, les Florentins rencontrent Foggia tandis que l’Udinese se rend sur la pelouse du Stade Olympique face à l’AS Roma et Brescia accueille la Sampdoria. Au coup d’envoi de 15h, la logique voudrait que la Fiorentina, en s’imposant, dépasse sur le fil les Frioulans. Ce sera finalement le cas puisque les Violets surclassent leurs adversaires du jour (6-2) en mettant rapidement le match dans leur poche (4-0 à la mi-temps). Cela, sur le papier, ne viendrait que corriger une incompréhension de l’histoire qui refuserait de voir une équipe de la Viola composée de joueurs tels que Carnasciali, Laudrup, Effenberg, Baiano, Batistuta dégringoler en Serie B.
Tous les regards et les oreilles se portent alors sur la confrontation entre la Roma et l’Udinese. Ces derniers ont l’interdiction de perdre. Certes, la Roma a d’ores et déjà conclu un championnat moyen (10e) mais elle a largement les moyens de prendre le dessus sur leurs adversaires du jour et, ainsi, les pousser vers la sortie. Le scénario sera tout autre. Les Bianconeri arracheront à la 80e minute le point du match nul par Stefano Desideri (un Romain ancien joueur de la Roma), faisant suite à l’ouverture du score de Thomas Haessler sur pénalty (48e). Un point qui offrira aux hommes d’Alberto Bigon le droit de jouer un match de barrage contre Brescia qui, en s’imposant (3-1) de son côté face à la Sampdoria gagnera aussi son ticket pour un sursis.

Carnevale rate… et sauve sa future équipe

Dans ce ménage à trois, c’est donc la Fiorentina qui tient le rôle du mari trompé. Aujourd’hui encore, les tifosi viola considèrent cette journée comme une énorme injustice. Quasiment trente ans plus tard, pourquoi les Florentins n’ont-ils toujours pas digéré cette désillusion ? Certainement parce qu’ils résument leur rétrogradation à un fait de jeu : une action immanquable pourtant ratée par le Romanista Andrea Carnevale et sauvant du coup l’Udinese d’une défaite fatale. En effet, à la 75e minute, alors qu’il est esseulé sur le côté gauche de l’attaque romaine, l’ancien joueur du Napoli a en ligne de mire le but laissé vide par le portier de l’Udinese Paolo Di Sarno. Il n’avait « plus qu’à » envoyer la balle dans les filets adverses. Sauf que… le tir mollasson sera facilement stoppé par un défenseur frioulan, sauvant ainsi son équipe de la relégation immédiate… et condamnant les Violets.
Pourquoi autant de soupçons pèsent, aujourd’hui encore, sur l’ancien attaquant de la Roma ? Tout simplement parce qu’en ratant ce but pour beaucoup « immanquable », Carnevale donnait une chance à l’Udinese d’accrocher les barrages et le maintien… Une Udinese vers laquelle il devait être transféré la saison suivante (il y avait déjà joué de 1984 à 1986). Le loupé de Carnevale était donc bienvenu s’il voulait continuer à jouer en Serie A avec ses adversaires du jour… et futurs co-équipiers. Ce fait de jeu collera longtemps à la peau d’Andrea Carnevale. Trop peut-être. En effet, si la coïncidence est grande, un visionnage des images d’époque laisse sincèrement à penser que le but n’était pas si facile à mettre que cela… Si le but était certes vide, Carnevale était toutefois quelque peu excentré et à longue distance. Bref, assez pour continuer à alimenter la polémique. Et nourrir l’histoire de la Serie A.

Sébastien Madau



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