1988/1989, la saison où Maradona ramena la coupe d’Europe à Naples

Par Nicolas Soldano publié le 10 Déc 2020
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A l’occasion du décès de la légende argentine Diego Maradona, voici le dernier épisode du dossier en trois volets des plus belles épopées européennes du Napoli.

Le Napoli le plus compétitif de son histoire

A l’aube de la saison 1988/1989, le Napoli est dans sa période faste des années 1980. Maradona et sa bande ont permis au Napoli de remporter son premier scudetto en 1987, couplé d’un doublé coupe-championnat cette même année. La saison 1987-1988 est moins prolifique mais Naples reste performante puisque l’équipe termine à la deuxième place du championnat, trois petit points derrière le Milan AC de Gullit, Maldini et Van Basten. L’objectif de la saison est donc de continuer la chasse au scudetto maintenant que le Napoli est installé comme un des gros favoris, et pourquoi pas s’intéresser sérieusement à la coupe d’Europe. Maradona continu d’être en état de grâce, fraichement auréolé du titre de capocannoniere la saison passée. Ferrara reste le pilier de la défense azzurra, De Napoli avale les kilomètres au milieu de terrain et Careca, après une saison d’adaptation, est prêt à faire parler sa technique pour empiler les buts. A noter que côté recrues phares, Giuliano Giuliani est acheté au Torino, et Alemão (déjà international brésilien) arrive de l’Atletico Madrid.

L’effectif du Napoli lors de la saison 1988/1989

Une compétition riche en rebondissement

Grâce à sa deuxième place de la saison précédente, le Napoli est qualifié pour la Coupe UEFA, à l’époque troisième compétition européenne. Sur la grille de départ il y a du beau monde : l’Ajax, le Bayern Munich, le Bayer Leverkusen, Stuttgart, la Juventus, l’Atletico Madrid, l’Inter, la Roma, Benfica… La compétition s’organisait en matchs à élimination directe en aller-retour, des 32ème de finale à la finale. Côté surprise, l’Ajax et l’Atletico Madrid tombent dés le premier tour ! suivi de prêt par Benfica, éliminé au deuxième tour par… Liège. A contrario certains clubs réalisent des performances assez folles, comme par exemple le Dinamo Dresdes, surprenant demi-finaliste après avoir notamment infligé un cinglant 4-0 (en cumulé) à la Roma. De son côté, le Napoli passe ses premiers tours sans trop d’encombres, en éliminant respectivement le PAOK Salonique et le Lokomotiv Leipzig. Cependant, le huitième de finale sera plus disputé puisque c’est le Bordeaux de Tigana, Scifo, Stopyra et Cantona (entrainé par Aimé Jacquet) qui se dresse sur le chemin des Partenopei. Après un match aller remporté de justesse 1-0 par le Napoli à Chaban-Delmas (malgré le carton rouge de De Napoli en première mi-temps), le match retour se révèle être un match rugueux et tendu qui se termine finalement par un score nul et vierge.

Le tableau de la compétition des quarts de finale jusqu’à la finale

Des matchs de légende puis le Graal

La suite de la compétition du Napoli appartient à l’histoire. Les trois dernières affiches vont se révéler être des matchs prolifiques voir fous. Comme un symbole, c’est la Juventus d’Altobelli et de Laudrup qui sera l’adversaire des Azzurri en quart de finale. Le match aller est sans appel : les turinois dominent tranquillement les napolitains et s’imposent deux à zéro. Le défi du match retour s’avère complexe, voir impossible quant on connait la solidité défensive de la Juve à cette époque. Sauf qu’après 10 minutes de jeu, les Turinois craquent déjà et offrent un penalty à Maradona qui ne se fera pas prier pour le transformer. Il n’en faut pas beaucoup plus pour que le San Paolo, plein à craquer, entre en ébullition. C’est Carnevale qui va ensuite permettre au Napoli de recoller au score. Il faudra donc passer par la prolongation. Durant celle-ci, les Azzurri attaquent à tout-va mais se cassent les dents sur une défense turinoise bien regroupée. C’est dans les ultimes secondes que Careca, sur le côté droit, donne le tournis à Bruno et centre sur la tête de Renica qui marque le but décisif. Le stade explose. La curva A prend presque feu après le craquage d’une centaine de fumigène par les ultras.

Ensuite, pour les demi-finales, c’est l’ogre munichois de Jupp Heynckes qui sera à affronter. Le futur champion de Bundesliga de cette année-là, même si d’habitude plus habitué à jouer la C1, est le favori désigné de la compétition. Sauf que sur la double confrontation, c’est le Napoli qui va maitriser son sujet. Maradona est insaisissable et génial dans tous ses mouvements, il créé des brèches immenses dans la défense bavaroise. Cependant c’est bien Careca qui se révèle être la star de ces demi-finales, avec trois buts. Grâce à un match aller rondement mené, les Napolitains ne trembleront pas, malgré le match nul au retour.

Place à la finale. Face à Naples, c’est le Stuttgart de Jürgen Klinsmann. Le club allemand est  dans une des périodes la plus faste de son histoire, puisqu’il a remporté sa troisième Bundesliga 4 saisons plus tôt et qu’il ira en décrocher une quatrième 3 ans plus tard. La double confrontation est très disputée. Le match aller au San Paolo commence d’ailleurs assez mal, puisque c’est Stuttgart qui ouvre le score sur une faute de main de Giuliani, lui qui avait pourtant été monstrueux contre le Bayern. Néanmoins, le Napoli ne se laisse pas abattre et pousse jusqu’à l’obtention et la transformation d’un penalty par un Maradona des grands soirs. C’est encore l’argentin, après un numéro de magicien sur le côté droit, qui centre pour Careca pour le deuxième but qui donne un avantage définitif au Napoli. Le match retour, bien que prolifique et un peu fou, ne changera pas la donne. Les deux équipes se rendent pourtant coup pour coup : Klinsmann ouvre le score, le Napoli marque trois buts derrière avant que Stuttgart n’égalise en fin de match. Maradona est encore impressionnant de leadership, il fait reculer à lui seul l’équipe allemande et fini le match avec deux passes décisives. Dans ce match, beaucoup de symbole : le but de Ferrara, défenseur emblématique du club; le but de Careca, meilleur buteur napolitain de la compétition; et la performance folle de Maradona, qui en plus de de décrocher le graal national avec son Napoli, amène le club de son cœur au sommet de l’Europe.

 

Nicolas Soldano

Rédacteur



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