Sturaro, le bon soldat et c’est tout ?

Ce mardi, c’est (enfin ?) le retour de la Champions League. La Juventus affronte ce soir le FC Barcelone au Camp Nou. Déjà un match couperet pour les turinois qui devront compter sur le dévouement et la concentration de chacun. Si un homme l’a bien compris et a en plus accepté son rôle de joker, c’est bien Stefano Sturaro.

Par Joseph Cocilovo publié le 12 Sep 2017

Quoi qu’on en dise, le football à haut niveau peut souvent être cruel avec un joueur. Tout le monde ne peut pas avoir une carrière à la Buffon, Totti, Messi ou Ronaldo. Parfois, même fréquemment, un joueur doit se battre toute sa carrière pour une place dans le onze d’une grande équipe. C’est d’abord ce qu’a fait Sturaro à son arrivée à la Juve en 2014, même si dès son transfert bouclé, il a passé 6 mois au Genoa, son club d’origine, avant que le coach ne le rappelle en janvier 2015. Sa première saison est convaincante, il est appliqué et travailleur. La présence sur le terrain de Pirlo, Vidal et Pogba ne lui laisse évidemment que très peu de place, et il grapille du temps de jeu par ci par là. Néanmoins, chacune de ses apparitions prouvent une envie folle de faire ses preuves, en témoigne sa belle prestation face au Real Madrid en demi-finale de Champions League 2014/2015. Mais depuis, il a atteint une sorte de plafond de verre, l’empêchant de pallier à ses objectifs.

Un peu de Gattuso en lui  

Attention ! Comparer Sturaro à Gattuso est logiquement inconcevable. Le hargneux, combattant et infatigable « Pitbull » Gattuso est unique en son genre. Il est et demeurera à jamais une légende de la Serie A et de la Nazionale. Mais tout de même, il y a une ou deux caractéristiques qu’ils partagent tous les deux. Par exemple l’abattage. Tout comme son illustre « ancêtre », Sturaro ne lésine jamais sur les efforts, court tout le temps et essaye d’être le plus utile possible à ses partenaires. Bien entendu, en général, tout cela est plus simple lorsque vous rentrez à la 60ème minute. Mais le match face au Chievo samedi dernier, qu’il a joué en tant que titulaire, a prouvé qu’il a des qualités dans l’entrejeu. Evidemment, et sans être réducteur, l’adversaire du soir était « abordable », mais le pressing agressif opéré par les véronais était intéressant, et a poussé la Juve à jouer juste. Remplacé par Bernardeschi à la 75ème minute, Sturaro a livré un match propre, et n’a pas compté les kilomètres. Cependant, si physiquement il n’a rien à se reprocher, il a atteint une limite techniquement qui l’empêche clairement de pouvoir prétendre à une place durable dans le onze, surtout dans le 4-2-3-1 d’Allegri.

Un joker qui s’assume  

Le fossé technique entre Sturaro et ses trois coéquipiers en haut de la hiérarchie du milieu de terrain est criant. Marchisio, Pjanic et Khedira sont bien au-dessus de lui dans quasiment tous les compartiments du jeu. Mais la bonne nouvelle, c’est que Sturaro en a l’air tout à fait conscient, et semble faire passer le bien de l’équipe avant ses intérêts personnels. Il se cantonne donc à cette place de remplaçant, sans broncher et en donnant tout ce qu’il a sur le terrain lorsqu’il y rentre. Encore une fois tout cela peut paraitre cruel, voire même incohérent, pourquoi ne part-il pas ailleurs, là où il sera titulaire ? Évidemment lui seul le sait. Mais Allegri joue un énorme rôle dans cette histoire. Il a plus d’une fois bloqué tout transfert de son protégé, expliquant qu’il était très important dans cette équipe, dans son système, le qualifiant de « bon soldat », un terme qui n’a rien de péjoratif, mais qui sonne plus comme une marque de respect, à l’italienne.

Joseph Cocilovo

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