Roberto Di Matteo : héros ou zéro ?

Mardi, le club d'Aston Villa a annoncé qu'il se séparait de son entraineur, l'italien Roberto Di Matteo. Un troisième limogeage pour l'entraîneur vainqueur de la Champions League 2012 dont la jeune carrière semble prendre une mauvaise tournure. Alors Di Matteo est-il un imposteur ou simplement un entraineur qui a besoin de temps ?

Par Louis De Brondeau publié le 07 Oct 2016

Roberto Di Matteo

Le miracle de Munich

Le 4 mars 2012, Chelsea décide de limoger son entraineur, André Villas-Boas. Et pour le remplacer le board des Blues choisit son adjoint Roberto Di Matteo. Assistant du Portugais depuis plus de 4 ans Di Matteo connait sa première expérience en tant qu’entraîneur principal. Sans expérience, l’ancienne légende de Chelsea réussit à redresser le navire et ramène les Blues à la 6éme place du championnat. Mais le fait le plus marquant de la jeune carrière d’entraîneur de Di Matteo a lieu le 19 mai 2012 à l’Allianz Arena de Munich. Ce soir la Di Matteo et ses hommes remportent face au Bayern la première Champions League de l’histoire du club. Après cet exploit, Roman Abramovich n’a d’autre choix que de confirmer Di Matteo à la tête du club londonien pour la saison suivante.

Un statut difficile à assumer

Mais voila, très vite le staff de Chelsea déchante. Après une première partie de saison décevante et une élimination en phase de poule de Champions League dans un groupe pourtant abordable, Di Matteo est remplacé par Rafael Benitez. Malgré tout, et principalement grâce à son exploit de Munich, Di Matteo garde toujours une certaine cote en Europe. Après quasiment deux ans sans clubs, il est débauché par Schalke 04 pour remplacer Jens Keller. Dans la Ruhr, l’Italien s’illustre surtout, encore une fois, en Champions League lors du 8e de finale retour de la reine des compétitions face au Real de Madrid. Son équipe fait trembler le Santiago Bernabeu en s’imposant 4-3 à l’extérieur, à seulement un petit but d’éliminer le géant madrilène. Sauf qu’en championnat le club de Gelsenkirchen termine seulement à une anonyme 6ème place, pas assez aux yeux des dirigeants qui décident de le limoger.

Malgré cette expérience allemande en demi-teinte, Di Matteo retrouve encore un banc. Retour à la « maison » pour lui et direction l’Angleterre où il se voit confier le coaching de l’Aston Villa. Ce club historique de Premier League lui confie les reines de l’effectif avec pour objectif clair de remonter en première division. Mais après 11 matchs et seulement une petite victoire, les Villans se séparent déjà de l’ancien coach des Blues.

La fin de la hype Di Matteo ?

La première chose qui handicape Roberto sont ses limites en tant que technicien. L’Italien a en effet souvent du mal à se situer sur le plan purement tactique et se replie sur un jeu très défensif, sans beaucoup de fantaisie. Un gros défaut dans des championnats comme la Premier League ou la Bundesliga réputés pour leur football ultra-offensif. Cette timidité dans le jeu se ressent au niveau des statistiques, qui relève une timide moyenne de but par match de seulement 1,7. 

Tout n’est pourtant pas à jeter, et Di Matteo a montré des qualités naturelles de meneur d’homme très intéressantes qui lui ont notamment permis de s’illustrer dans les grands rendez-vous européens déjà cités. Il est donc assez évident que son véritable problème est celuid’avoir commencé trop haut trop tôt. Il n’a pas eu le droit à cette période de formation dans les divisions inférieures qui permettent à tous les coachs de se former tactiquement et, surtout, avec le temps. Car lui n’en a jamais eu. À la tête d’équipes européennes comme Chelsea et Schalke 04 ou de situation compliquées comme celle que connaît Aston Villa.  Cette victoire en Champions League est donc devenue une sorte de cadeau empoisonné puisqu’elle l’a tout de suite propulsé dans la catégorie des grands entraîneurs alors qu’il n’avait aucune expérience. Pour sauver sa carrière d’entraineur, Di Matteo doit donc repartir de zéro. Trouver un club moins huppé mais aussi plus patient pour poursuivre sa formation naturelle et gravir les échelons petit à petit. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Louis De Brondeau

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