Un plan large sur le football féminin en Italie

En très grande partie ignoré et bafoué dans les médias ou dans les espaces publics, le football féminin cherche peu à peu à se faire une place en Italie, en dépit de la surface pléthorique que peut occuper les divisions de leur homologue masculin depuis une période allongée et régulière. Au terme de la saison 2016/2017, Calciomio vous propose ainsi de vous pencher davantage sur une fédération en quête d'un coup de projecteur, ainsi que d'un brin de reconnaissance.

Par Christophe Malcangi publié le 18 Juin 2017

En Serie A, la Fiorentina écrase la botte. En Europe, un pas à franchir…

En premier lieu, les stades ne sont pas plein. D’ailleurs, on ne trouve pas nécessairement une tribune autour des différentes affiches du samedi après-midi. Un seul plan de caméra (si nécessaire), pas de minute de jeu à disposition du téléspectateur ni de ralenti des actions les plus chaudes. En Serie A féminine, ce qui est sûr, c’est que l’on dispute ces matchs en périphérie des authentiques oppositions de la « véritable » Serie A, celles traditionnellement suivies et représentées chez les hommes. Mais pour les 22 femmes qui se présentent hebdomadairement sur les centres d’entrainement d’Italie mis à leur disposition, des enjeux sont définitivement présents, malgré certes le désintérêt prégnant et à constater du Sud au Nord de la botte.

Dans le championnat de l’élite qui surplombe les quatre poules de la Serie B, une équipe s’est montrée absolument supérieure à ses adversaires durant près de 300 jours. Effectivement, les violettes de la Fiorentina ont réalisé une saison absolument magnifique. Avec 88 buts inscrits, pour seulement 7 buts encaissés, le quota est proprement rempli. Par ailleurs, cette Fiorentina n’a compté qu’une seule défaite à son compteur cette saison, pour 63 points accumulés à son actif en championnat, sur 66. L’objectif du doublé en Coppa Italia, accompli après le succès acquis avant-hier face à la rivale Brescia sur le score de 1-0, est devenu la cerise sur le gâteau pour le club qui a conclu avec joie cette glorieuse année, à la manière d’une Juventus -section masculine- sûre de ses forces et de ses moyens.

Evidemment, une question trotte à la tête de tout individu rationnel après cette saison facilement aboutie. Cette omnipotence est-elle suspecte ? Dans un championnat relativement faible et peu exhaustif, pour lesquels Verona et Brescia font office de seuls adversaires sérieux, et pour lequel la grande majorité des joueuses « stars » italiennes sont représentées chez la championne en titre et leur dauphine, difficile de trouver ici le signe d’un championnat en voie de développement. D’ailleurs, les résultats se traduisent par des désillusions à répétition sur la scène européenne, et par une impossibilité presque absolue de rivaliser avec les adversaires françaises et allemandes, qui portent bien plus d’ambitions et fournissent plus d’investissements concrets depuis la dernière décennie. Cette saison, Brescia s’est effondré en 1/8e de finales face au Fortuna Hjorring (Danemark) en raison d’un match aller catastrophique, tandis que Verona n’a pas franchi la phase de poule. Un bilan bien loin du championnat de France, où le PSG et l’OL se sont offerts une finale de prestige à Cardiff le 1er juin dernier…


En Serie A, les cages sont-elles vides pour la Fiorentina ?

La Juventus est fondée, ses acolytes traînent du pied

Face à la pénurie de clubs de haute renommée parmi l’élite féminine, la FederCalcio a tout de même décidé de pousser le bouchon du développement du football des dames, en appliquant l’obligation aux clubs professionnels de Serie A masculine d’insérer au moins 20 jeunes filles parmi leurs équipes de -12 ans. Par ailleurs va apparaître le Juventus FC (à ne pas confondre avec le Femminile Juventus Torino), qui achètera les droits du club de Cuneo afin de se projeter dans la division la plus élevée du pays. Dans le cadre de la saison 2017/2018, les Bianconeri disposeront donc enfin de leur club de football de genre féminin, intégré dans une Serie A pour laquelle seule la Fiorentina fait aujourd’hui figure d’institution « reconnue ».

En provenance de la Serie B, le club de Sassuolo et de l’Empoli sont toutefois promues depuis le mois de Mai, tout comme la formation du Valpolicella qui se représente sous les couleurs du Chievo. Mais évoquer l’Inter, le Milan AC, l’AS Roma, ou le SSC Napoli sont encore loin d’être d’actualité, et les représentants indépendants de leurs régions (Milan Ladies, Inter Milano, Napoli Calcio) vivotent sans plus de succès entre la 2ème et la 3ème division, ce qui nous permet de douter de l’investissement réel des dirigeants Italiens vers cet autre monde. Seule la Roma Calcio Femminile a fait figure correcte la saison passée, bien que les élégantes demoiselles du ‘Pink’ Bari ont arraché leur ticket en Serie A à leur dépens après une cruelle séance de tirs au but.


Un plan sur la prochaine saison de Serie A 2017/2018, sans la Roma et sa louve, mais avec la Juventus.

La Nazionale ? Vers l’Euro 2017 !

Bien que peu glorieuse depuis les années passées, la Squadra Azzurra reste une compétitrice sérieuse en compétition internationale. Chez les femmes, l’Equipe d’Italie est parvenue à se qualifier avec brio pour la phase finale de l’Euro 2017, qui se disputera cet été aux Pays-Bas du 16 Juillet au 6 Août. Trente Azzurre ont été convoqués par le sélectionneur Antonio Cabrini pour un premier programme de préparation qui se déroulera à Coverciano à la fin du mois (19-26 juin). Une seconde séquence se déroulera à partir du 26 juin, avant qu’une liste officielle des 23 convoquées pour l’Euro 2017 ne soit aussitôt déclarée. Huit joueuses de la Fiorentina et 7 joueuses de Brescia composent évidemment la majorité écrasante de ce groupe homogène, quelques éléments de Verona ou Mozzanica font également partie de cette première pré-convocation.

L’Italie réalisera ces débuts le lundi 17 juillet à Rotterdam contre la Russie, avant de se confronter à l’Allemagne et enfin face à la Suède. Pour cette occasion, Calciomio suivra de près ces événements afin de vous permettre de vous fondre dans le paysage du football international féminin, et pour espérer redonner un peu de distinction à cette autre face du miroir, encore trop peu reconnue.

La liste des convoqués :

Gardiens: Francesca Durante (Fiorentina), Laura Giuliani (Colonia), Chiara Marchitelli (Brescia), Katja Schroffenegger (Unterland Damen);
Difensori: Elisa Bartoli (Fiorentina), Lisa Boattin (AGSM Verona), Sara Gama (Brescia), Elena Linari (Fiorentina), Federica Di Criscio (AGSM Verona), Cecilia Salvai (Brescia), Giorgia Spinelli (Inter Milano), Linda Tucceri Cimini (S. Zaccaria);

Milieux de terrain : Daniela Stracchi (Mozzanica), Aurora Galli (AGSM Verona), Martina Rosucci (Brescia), Alia Guagni (Fiorentina), Barbara Bonansea (Brescia), Valentina Cernoia (Brescia), Marta Carissimi (Fiorentina) Manuela Giugliano (AGSM Verona), Tatiana Bonetti (Fiorentina), Sandy Iannella (Cuneo), Greta Adami (Fiorentina);

Attaquants : Melania Gabbiadini (Verona), Daniela Sabatino (Brescia), Ilaria Mauro (Fiorentina), Cristiana Girelli (Brescia), Valentina Giacinti (Mozzanica), Melania Martinovic (Res Roma), Laura Fusetti (Como 2000).


Le onze aligné contre l’Angleterre le 7 avril dernier, conclu par un match nul 1-1. Un groupe paré pour l’Europe ?

Christophe Malcangi

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