Milan peut-il (re)viser haut ?

Les ambitions fluctuent au rythme des résultats. En début de saison, le Milan AC visait la qualification en Champions League ; en novembre, l'objectif devenait l'Europa League. Depuis quelques semaines, l'espoir renaît : jusqu'où peut-il vraiment aller ?

Par Théo Choffé publié le 11 Fév 2018

Le dernier sondage publié sur milannews.it donne un étonnant résultat : près de 40% des supporters milanais croient possible de remonter jusqu’à la quatrième place. Il faut dire que Gattuso a bien repris les choses en main. Après quelques déconvenues initiales, l’équipe n’a plus perdu depuis fin décembre. Sur ses huit derniers matchs, elle a obtenu cinq victoires et trois matchs nuls, battant l’Inter (en Coupe) et la Lazio. Montella n’avait jamais réussi à battre une grosse écurie cette saison. A environ dix points de la quatrième place, la confiance revient naturellement et encore plus avec cette victoire 4-0 nette face à la SPAL.

Les raisons de croire en l’exploit…

La confiance est la clé de la réussite pour n’importe quelle équipe. L’enchaînement des bons résultats crée une spirale positive dont les effets peuvent se lire sur les visages des joueurs. Avec un moral au beau fixe, un esprit d’équipe enfin retrouvé et consolidé par les succès, les hommes de Gattuso montent en puissance. Le jeu reste à travailler mais les automatismes apparaissent et les exercices physiques ont été intenses pour rattraper le retard perdu pendant plusieurs mois. D’autre part, des joueurs en grande difficulté depuis le début de saison justifient enfin les attentes placées en eux, à l’image de Calhanoglu, qui s’est assuré une place dans l’équipe-type. L’exercice 2012-2013 sous Allegri devrait donner quelques motivations : après un départ chaotique et une stagnation dans le ventre mou pendant plusieurs mois, Milan s’était peu à peu redressé pour faire une deuxième partie de saison spectaculaire et finir à la troisième place qualificative pour la Champions League. Dès lors, pourquoi s’interdire d’y croire ?

…ou de garder les pieds sur terre

Le terme « exploit » n’est pas choisi au hasard. Il s’agit bien d’un objectif qui défie la raison. Commencer sa saison en décembre condamne à jouer jusqu’en mai à 150%. Or devant Milan, dans l’arène pour l’Europe, il y a rien moins que l’Inter, l’AS Roma et la Lazio. Il est vrai que l’Inter connaît une sévère méforme, et que la Lazio et la Roma ne sont pas en mesure de suivre le rythme infernal imposé par le duo de tête. Mais que ces trois équipes chutent en même temps pour laisser tranquillement la place au Milan paraît plus qu’improbable. Le mal a été fait sous Montella, il est irrattrapable, trop peu de points peuvent être négligés désormais. Les Milanais ne doivent pas non plus baisser la garde face à la Sampdoria qui reste redoutable (et toujours devant au classement), et surveiller de très près l’Atalanta qui fera tout pour reconquérir une place européenne malgré son nul face à Crotone. Un peu plus loin, l’Udinese et le Torino sont à l’affût. Il reste encore une épreuve à passer pour le Milan : celle de la défaite. Quelle sera en effet la réaction de l’équipe en cas de contre-performance ? Poursuivra-t-elle sa marche en avant ou s’effondrera-t-elle comme les mois précédents ? Enfin, la course sur trois tableaux (Serie A, Coppa, Europa League) ne peut manquer d’épuiser les corps. Gattuso a certes trouvé la bonne formule, mais la faiblesse du banc de touche est toujours la même : au premier titulaire qui doit céder sa place (blessure ou fatigue), l’équipe s’affaiblit immanquablement. Mieux vaut pour elle de garder les pieds sur terre et se dire qu’une qualification en Europa League au vu du début chaotique ne sera pas si dramatique. En revanche cela risquerait de mettre un coup d’arrêt au projet sportif.

Théo Choffé



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