Lichtsteiner cœur de lion

Avec l’arrivée de Dani Alves en début de saison, l’avenir de Stephan Lichtsteiner semblait s’assombrir, sa non-convocation en Champions League tendait à valider cette théorie. Cependant, le Suisse n’a jamais abdiqué, s’est contenté du temps de jeu qui lui était offert, et a brillamment rempli son rôle pendant la longue blessure du Brésilien. Mais par-dessus tout, c’est son mental de fer qu’il faut mettre à l’honneur.

Par Joseph Cocilovo publié le 19 Mar 2017

Rien n’est jamais acquis dans le football, le statut d’un joueur est très fragile, et d’une année à l’autre, on peut passer d’un rôle de titulaire indiscutable à celui de remplaçant. C’est malheureusement ce qui est arrivé à Lichtsteiner. La saison passée, dans le 3-5-2 d’Allegri, il se partageait le côté droit avec Juan Cuadrado, mais avait clairement l’avantage et la préférence du coach. Lui qui est plus apte à défendre que le Colombien, mais qui reste adroit offensivement. Il serait logique d’en déduire une hiérarchie tout à fait conventionnelle, pourtant la vie a bien failli en décider autrement.

« Je suis d’abord un père, un mari, un fils »

Est-il possible de mieux résumer le monde ? Car si le football déchaîne les passions, que ce soit en bien ou en mal, il est important de garder à l’esprit certaines choses. Depuis plusieurs années, décennies même, les footballeurs sont décriés par rapport à leurs salaires mirobolants, ou encore leurs apparences hautaines et égoïstes, un débat complexe et parfois dénué de sens. Il est pourtant important de rappeler que la vie n’épargne personne, aussi médiatique soit-elle. Et Lichtsteiner en a fait l’expérience fin 2015. Suite à un problème cardiaque, sans gravité certes mais inquiétant tout de même, il a dû être opéré et est resté éloigné des terrains pendant près de 2 mois. Une telle opération n’est jamais à prendre à la légère, et lorsque l’on joue au plus haut niveau, il y a forcément des répercutions. Fort heureusement, ce fut un succès, et après une convalescence bien méritée, il a retrouvé le Juventus Stadium, et a surtout contribué à la fabuleuse remontée de la Juve en championnat.

La concurrence, c’est bon pour le moral

Quid de cette saison ? Tout d’abord, le recrutement de Dani Alves, un transfert autant sportif que marketing. Son arrivée a provoqué un chamboulement au poste de latéral droit. Il est censé, de croire qu’Allegri n’a pas recruté un joueur de sa réputation pour le mettre sur le banc. C’est donc en toute logique qu’Alves a pris la place de titulaire. Le problème est que Cuadrado est même passé devant lui dans la hiérarchie du coach italien, et qu’en plus, le Suisse n’est pas dans la liste des joueurs convoqués pour la Champions League. Mais comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, la longue blessure du Brésilien lui aura été favorable, se partageant avec Cuadrado la plupart des matchs. Mais malgré tout, c’est le nouveau système tactique qui a provoqué son salut.

Encore un an et puis s’en va ?

En effet, le 4-2-3-1 lui a été très bénéfique. Premièrement, il retrouve un vrai rôle de latéral droit, un peu moins offensif mais nettement plus tranchant, du fait d’un soutien supplémentaire sur l’aile. Et justement, la place de soutien est attribuée à Cuadrado, ce qui libère son poste d’un concurrent. Une réelle aubaine pour lui, avec en prime une réadmission dans le groupe pour la C1. C’est sans doute pour cela qu’il a prolongé son contrat d’un an, contrat se terminant donc à la fin de la saison prochaine. Que compte-t-il faire après ? Évidemment, nul ne le sait. Cependant, s’il décide de mettre un terme à son aventure turinoise, il ne nous restera plus qu’à applaudir et remercier un joueur qui aura tout donné pour son club, un homme au grand cœur, tout neuf par ailleurs.

Joseph Cocilovo

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