L’AS Roma toujours à la poursuite de son rêve américain

En avril 2011, l'homme d'affaires Italo-Américain Thomas DiBenedetto devient le nouvel actionnaire majoritaire de l’AS Roma en acquérant 67% du capital. Depuis 2014, les dernières actions détenues par la banque Unicredit ont définitivement été lâchées, ce qui permet au club de passer totalement sous pavillon US. Bientôt sept années se sont écoulées et un petit bilan s'impose.

Par Anthony Maiorano publié le 06 Jan 2018

« J’aime Rome et je veux faire quelque chose de grand« . Par une allocution courte et fière, Thomas DiBenedetto vient d’annoncer son arrivée en grande pompe dans le Calcio. Une figure méconnue dans la botte mais qui se targue d’une honnête expérience dans l’univers du baseball et un sens aigu des affaires. Dans la capitale, ses associés et lui souhaitent redorer le blason d’un club en totale stagnation et qui vit dans l’ombre des grosses écuries du nord du pays. Courant derrière un titre de champion depuis 2001, la louve est volontiers cataloguée comme l’éternelle seconde de la classe et se nourrit de souvenirs qui n’ont comme poids que l’émotion qu’ils suscitent pour les tifosi. Pour cela, les Américains affichent une certaine ambition et sont prêts à mettre la main à la poche. Dans le but de développer le produit romain mais également celui de la marque Serie A qui sont peu souvent reconnus à leur juste valeur, le projet se base sur le modèle des franchises sportives se trouvant outre-Atlantique (stades de propriété, hausse des droits TV, contrats de sponsoring onéreux). Mais surtout d’intégrer durablement l’effectif au sommet tout en lui faisant prendre une dimension européenne, tant sur plan football qu’extra-sportif. Pas une mince affaire.

Sportivement, l’on repassera

James Pallotta, qui a repris le flambeau en 2012, ne lésine pas sur les moyens et la première session estivale du mercato le témoigne. Plus de 90 millions d’euros dépensés pour satisfaire les désirs du présomptueux mais non moins confiant Luis Enrique, avec un mix d’éléments affirmés et promesses d’avenir. Résultat des courses ? Un vilain septième rang final ainsi qu’une douche froide dès les phases préliminaires d’Europa League face au modeste Slovan Bratislava. Pas plus folichon l’exercice d’après sous Zeman avec une sixième place jointe à une défaite en finale de la coupe face à la Lazio. Depuis l’avènement aux commandes de Garcia, les épopées suivantes seront en nette progression avec une place de dauphin à trois reprises et une troisième place au classement (certes loin derrière l’intouchable Juventus et un rêve caché nommé Scudetto) tout en retrouvant les joies de la Champions League. Un certain équilibre financier a de plus été retrouvé. Et l’armoire des trophées dans tout cela ? Toujours vide depuis 2008. La pauvre.

Une politique des transferts fastidieuse

Même si depuis l’arrivée des nouveaux investisseurs l’on peut relever quelques belles réussites comme la signature du partenariat avec Nike (même s’il manque toujours un sponsor principal depuis 4 ans), une publicité de qualité réalisée à travers le monde, l’entrée dans le monde de l’e-sport ou le projet du nouveau stade accepté, sur le terrain la vérité est tout autre. Possédant les clés du recrutement depuis 2011, Walter Sabatini aura soufflé le chaud et le froid dans la capitale. Entre achats compulsifs et peu rémunératoires (Bojan, Tachtsidis, Yanga-Mbiwa, Doumbia) et belles opérations (Marquinhos, Pjanic, Nainggolan), son travail n’aura jamais vraiment fait l’unanimité. Et ce malgré des dépenses conséquentes (plus de 450 millions dépensés depuis la reprise en 2011 et un va-et-vient de dirigeants, médecins et staff) qui n’ont hélas pas permis de réduire le gap avec la Juventus. Outre l’absence de mentalité gagnante, l’on pourrait y ajouter un manque de jugeote au sein des dirigeants. En effet, la Roma achète des joueurs de niveau et n’hésite pas à les revendre (même à la concurrence), à la recherche de plus-values intéressantes économiquement mais peu justifiables sur le plan sportif. Une mauvaise habitude récurrente de fuir la stabilité et de devoir reconstruire un noyau solide chaque année. Un éternel recommencement.

Anthony Maiorano



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