Histoire de la Juventus

La Juventus de Turin, club le plus aimé d’Italie, la vieille dame a pratiquement remporté un scudetto sur trois éditions, elle est en revanche moins chanceuse sur le plan continental. La Juventus se distingue depuis toujours par son envie de vaincre et son esprit de guerrière, c’est dans ses gènes.
1897 : La fondation
Quelques jeunes étudiants du Lycée Massimo D’Azeglio qui se retrouvaient en dehors des cours pour s’amuser, décidèrent de fonder une équipe de football. C’est sur un banc à Turin que ces lycéens prirent la grande initiative, parmi les fondateurs, les frères Canfari qui décidèrent d’offrir leur atelier au nouveau club, ce sera le premier siège. Le nom du club doit être élu suite à un vote. Pour l’anecdote “Sport Club Juventus” arriva troisième derrière “Società Via Fori” et “Società Sportiva Massimo D’Azeglio”.
La concurrence étant très forte entre les deux dernières propositions, un consensus est trouvé pour choisir “Sport Club Juventus” qui deviendra “Football club Juventus” un peu plus tard. “Juventus” signifie “jeunesse” en latin. La Juventus est née en 1897, le plus souvent on parle du 1er novembre mais on ne peut en être sûr que ce soit la date exacte, la presse de l’époque ne consacrant que très peu d’espace au sport.
1898-1926 : Vers les deux premiers scudetti
Deux ans plus tard la Juve s’inscrit et dispute son premier championnat. Le premier triomphe bianconero eu lieu en 1905. Triomphe bianconero, car la Juve a adopté ces couleurs depuis 1903, alors qu’elle avait commencé avec des maillots roses, c’est une erreur d’expédition venue d’Angleterre qui causa ce changement. Ce scudetto restera orphelin 21 ans : la plus longue période sans scudetto dans l’histoire de la Juve qui eu du mal à affronter des clubs mieux organisés, une période où le championnat fut également interrompu à cause de la guerre, le co-fondateur du club et ex-président Enrico Canfari mourut au front.
Ce n’est qu’avec l’arrivée de la famille Agnelli (qui a fondé la FIAT) via Edoardo que le club est structuré correctement. En 1923 le premier coach est désigné, il s’agit du hongrois Jeno Károly, en 1925-26 il réalise une grande saison mais succombe le 28 juillet 1926 à un infarctus; la Juve gagnera son deuxième scudetto peu après sa mort.
1926-1947 : Le Quinquennio puis la traversée du désert
Avec l’arrivée de la famille Agnelli l’abnégation, le sérieux et l’organisation sont de mise. L’équipe est régulièrement compétitive et remportera 5 titres d’affiliée (d’où le fameux Quinquennio: un record, en Italie, que seul le grand Torino égalera). En 1933, fut inauguré le stade Comunale dans le quel la Juventus jouera jusqu’en 1990 : il s’appelle actuellement “l’Olimpico”. C’est l’ossature de cette grande Juve (composé entre autres par l’italo-argentin Raimundo Orsi, meilleur buteur du Mondial 1934) qui aida l’Italie à conquérir sa première Coupe du Monde (Parmi les 22 azzurri champions du monde 1934, neuf évoluaient à la Juve ).
Cette série de succès s’interrompt avec la tragique disparition d’Edoardo Agnelli décédé suite à un accident aérien en juillet 1935. Pendant douze ans la Juve ne peut reconquérir le scudetto mais se consolera en gagnant ses deux premières coupes d’Italie, en 1938 contre le Torino, puis en 1942 au dépend du Milan. Cette période est marquée par la domination incontestable d’un grandissime Torino que seul la tragédie arrêtera.
Les années 50 : Gianni Agnelli et le trio Boniperti-Charles-Sivori
Douze ans après le Quinquennio, un autre Agnelli est à la tête de la Juve, Gianni (l’un des fils du défunt Edoardo) Le nouveau président déclara après la tragédie du Superga: “La ville de Turin aura une autre grande équipe”. Aussitôt dit, aussitôt fait. Trois stars danoises sont recrutées pour redorer le blason de la vieille dame : Karl et John Hansen ainsi que Karl Praest. Avec Boniperti et Parola, ce trio danois va contribuer à la conquête du 8ème (1950) et 9ème (1952) scudetto de la Juve.
A partir de 1952, la Juventus, à l’image du championnat, est dominée par le Milan AC et son légendaire trio suédois Grenn-Nordhal-Liedholm. Trop sollicité par le reste de ses fonctions, Gianni Agnelli part en 1954 et la Juventus ne peut jouer le titre (7ème en 1955, 9ème en 1956 et 1957). Umberto Agnelli, nouveau président, engage en 1957 le fuoriclasse argentin Omar Sivori pour une somme record à l’époque (180 millions de lires) ainsi que le Gallois John Charles. Avec eux et Boniperti la Juve à son tour a son tridente. Le résultat est immédiat, la Juve décroche son 10ème scudetto et sa première étoile (1958). Ce trio d’attaque aidera le club à remporter deux autres titres en 1960 et 1961 et deux coupes d’Italie (1959, 1960). Des moments inoubliables pour les tifosi bianconeri, en croissance continue en Italie, qui ont pu profiter de la classe d’un Sivori extrêmement divertissant et des derniers buts de la grande carrière de Boniperti.
Les années 60 : Boniperti s’en va, la Juve souffre de nouveau
Boniperti établi un record intouchable – jusqu’en 2006 pour Del Piero- de 182 buts en 444 matchset prend sa retraite suite à son ultime sacre de 1961, laissant un vide que lui seul saura combler. En plus d’une décennie le club ne gagnera qu’un seul scudetto en 1967, ce qui lui permit d’accéder à la récente Coupe d’Europe des clubs champions. L’honorable parcours s’arrêtera en demi-finale, la faute à un Benfica trop fort, la Juve durant cette période est éclipsée par le Milan et l’Inter qui se tirent la bourre en Italie et triomphent en Europe.
Les années 70 : la Vecchia Signora signe son retour
Depuis la retraite de Boniperti, la Juve n’y arrivait plus, son retour en tant que président va redonner une vie au club, qui repart de l’avant. Un scudetto en 1972 puis un autre au terme de la saison 72-73 la Juve gagne le scudetto le plus passionnant de son histoire. Une longue bataille avec la Lazio et le Milan, leader jusqu’ici, deux défaites des deux derniers et une victoire arrachée à 3 minutes de la fin, sur un but de Cuccureddu offrent à la Juve le scudetto numéro 15. Cette même année est synonyme de première finale de Coupe d’Europe des Clubs Champions, la vieille dame s’inclinera 1-0 face à l’Ajax de Cruyff. S’en suivra un autre Scudetto lors de la saison 74/75
1976-1986 : L’ère Trapattoni
Boniperti a engagé un jeune coach du nom de Trappatoni, qui gagnera tous ce qu’il y a à gagner sur terre. Il commence par le premier trophée européen de la Juve, la Coupe de l’UEFA en mai 1977 face à l’Athletic Bilbao. Quand fut autorisés le retour des étranger, le Trap a été chercher l’irlandais Brady, ce dernier ne restera que deux ans mais sera un des grands protagonistes de deux scudetti, le 19ème et le 20ème, synonyme de la deuxième étoile. Avec Brady, Scirea, Furino, Cabrini et Bettega (pure produit de la formation bianconera et troisième buteur historique avec 178 buts) forment l’une des plus grandes Juve de l’histoire. Le président ramènera ensuite Rossi, Boniek et Platini. Sa Juve fournit à l’Italie l’ossature d’une autre Nazionale championne du monde. En mai 1983, nouvelle occasion de conquérir le graal européen mais Hambourg et Magath mettront au tapis une Juve pourtant ultra favorite, la saison suivante, c’est la Coupe des Coupes qui est accroché au Palmarès en disposant du FC Porto, enfin le tristement célèbre 29 Mai 1985 et la catastrophe du Heysel qui voit la Juve être sacrée championne d’Europe au milieu des victimes.
Quoi qu’il en soit avec le Trap la Juve devient le premier club européen vainqueur des trois coupes d’Europe. En y ajoutant la coupe intercontinentale et les Supercoupes, plus rien ne manque au palmarès du club qui devient définitivement une grande puissance du football mondial. A signaler la série qui va de 72 à 84, en 13 éditions de la Serie A, la Juve ne descendra jamais du podium.
1986-1994 : baisse de régime
De 1986 à 1990, la Vieille dame vit quatre difficiles saisons. Le départ des grand artisans des succès précédents se suivent, les nouveaux arrivants ne s’imposent pas. Le Milan de Van Basten, le Napoli de Maradona et l’Inter du Trap sont supérieurs à la Juve. Le 3 septembre 1989, décède dans un accident routier au Skiernewice, en Pologne, Gaetano Scirea, ex-libero, capitaine et symbole de l’équipe, recordman (jusqu’en 2008) des présences au club; devenu recruteur pour le club. Il était justement en Pologne pour superviser un adversaire de la Juve en C3. Il restera à jamais dans les cœurs de tous les tifosi. L’équipe bianconera, sous Dino Zoff, finit le championnat de cette année, et celui qui suit, à la 4ème place. Le 5 février 1990, est inauguré le Stadio delle Alpi. Dino Zoff ne peut conquérir le scudetto mais il réalise un doublé (8ème Coupe l’Italie en battant en finale le Milan de Sacchi et 2ème Coupe UEFA, cette fois aux dépends de la Fiorentina).
La saison suivante est un gros flop, Zoff laissa la place à l’entraîneur émergent Gigi Maifredi qui, malgré l’arrivée de nouveaux champions du calibre de Roberto Baggio et Jürgen Kohler ne peut faire mieux qu’une 7éme place et pour la première fois depuis 29 ans, la Juve ne gagne pas le droit de disputer une Coupe d’Europe. La saison 1991-92 marque le retour du Trap mais pas de Scudetto, il n’y aura qu’une 3ème Coupe de l’Uefa gagnée face à Dortmund l’année suivante.
94-2004 : Les années Lippi
La culture de la gagne a toujours fait partie du génome de la Juve, mais ceci n’a jamais été aussi vrai que lors des deux passages de Lippi. Une première saison pour devenir champion d’Italie, une deuxième pour dominer l’Europe face à l’Ajax puis le monde un 27 décembre 1996 à Tokyo. Ensuite, deux scudetti et parallèlement deux campagnes jusqu’aux finales de LDC, les deux fois Del Piero est le meilleur buteur de la compétition, les deux fois la Juve est très favorite, car bien plus convaincante, mais le facteur chance est cruel.
Quand Ancelotti est appelé pour remplacer Lippi, la Juve vit l’une de ses pires saisons, une blessure éloigne des terrains Del Piero toute l’année, Zidane aussi eut une blessure au ménisque. Mais Ancelotti trouvera les ressources pour emmener l’équipe en demi finale de LDC, cette année la Juve décrochera finalement l’Intertoto. Les deux autres saisons (99/00 et 00/01), Ancelotti perd à chaque fois le scudetto lors des dernières journées.
A son retour Lippi voit partir Zidane pour 64M€ et Inzaghi pour 24, une manne qui aidera à recruter Nedved, Buffon, Thuram et Salas. La Juve commence difficilement le championnat (4éme à la mi-saison) mais le termine parfaitement en l’arrachant à la dernière journée grâce à la défaite de l’Inter chez la Lazio, Trezeguet est capocanoniere, ce n’était plus arrivé à un juventino depuis… Platini. L’année suivante, Lippi gagne encore le scudetto, plus aisément cette fois et va en finale de LDC en battant – avec la manière – le champion en titre madrilène. Mais cette finale est perdue, aux tirs au but, face au Milan AC d’Ancelotti. La dernière saison de Lippi est plus compliquée; avec Del Piero et Trezeguet souvent blessés. La finale de Coupe d’Italie perdue face à la Lazio n’est qu’une illusion et le technicien de Viareggio se consacre à la Nazionale.
2004 à aujourd’hui : Capello… Serie B… puis Serie A.
Capello a tout gagné ou presque, sa mission est de continuer à le faire. Il réussira la première année à décrocher le titre mais est sorti par Liverpool en quarts de la LDC. Pareil, l’année suivante mais ces deux scudetti sont révoqués suite à l’affaire calciopoli impliquant le directeur sportif juventino Luciano Moggi. La Juve sera reléguée en Serie B, les grandes stars s’en vont. Les plus fidèles restent et ramènent vite la vieille dame en A, aidés par quelques jeunes et Deschamps venu au secours de son ancien club. Mais ce dernier démissionne et est remplacé par Ranieri qui un an après guidera la Juve vers un autre retour : en Champions League cette fois, grâce notamment à l’une des plus belles saisons de son capitaine Del Piero qui possède désormais les records de présences et de buts de la maison et termine meilleur buteur de Serie A cette année-là. Sorti en 8èmes par Chelesa en LDC, la Juventus finira deuxième de Serie A et Ranieri licencié (la première fois dans l’histoire du club depuis 40 ans), c’est Ciro Ferrara le nouvel entraineur qui voit arriver le brésilien Diego et enregistre le retour de Fabio Cannavaro.
Palmarès
27 Scudetti : 1905 – 1925/26 – 1930/31 – 1931/32 – 1932/33 – 1933/34 – 1934/35 – 1949/50 – 1951/52 – 1957/58 – 1959/60 – 1960/61 – 1966/67 – 1971/72 – 1972/73 – 1974/75 – 1976/77 – 1977/78 – 1980/81 – 1981/82 – 1983/84 – 1985/86 – 1994/95 – 1996/97 – 1997/98 – 2001/02 – 2002/03 – 2004/05 (non assigné) – 2005/2006 (révoqué)
2 Ligues des Champions : 1984/85 – 1995/96
1 Coupe des Coupes : 1983-1984
3 Coupes de l’UEFA : 1976/77 – 1989/90 – 1992/93
2 Coupes Intercontinentale : 1985 – 1996
2 Supercoupes d’Europe : 1984 – 1996
1 Coupe Intertoto : 1999
9 Coupes d’Italie : 1937/38 – 1941/42 – 1958/59 – 1959/60 – 1964/65 – 1978/79 – 1982/83 – 1989/90 – 1994/95
4 Supercoupes d’Italie : 1995 – 1997 – 2002 – 2003
1 Championnat de Serie B : 2006/07
le 1 décembre 2008 à 21h42
Ahmedou Didi - ahmedou@calciomio.fr
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9 commentaires pour “Histoire de la Juventus”
29 Scudetti!!! SVP!!!
Storia di un grande Amore . FORZA JUVE
paco il y a 2 en moins pour corruption
FOrza la juve, trop puissante cette Equipe
forza juve
juventino per sempre
bianconeri for life
quelle palmares incroyable!!!mais il faut continuer et decrocher encore des scudetto et ligue des champions!!forzaaaaaaaaa juveeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee
merci pour cet article
en le parcourant, je suis encore plus amoureux de la vieille dame
Forza Juve
Vinci Sempre per Noi
“héhé” on est au courant ne t’inquiète pas =)
juve per sempre
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