Histoire de l’Equipe d’Italie

L’équipe nationale d’Italie a comme toute grande nation qui se respecte une longue et belle histoire remplie de succès et de désillusions, à travers ces quelques lignes, revivons un siècle de calcio.
Les grands débuts

La Nazionale aux J.O de 1912
Tout commença en 1910, après les Britanniques et la France, l’Italie décide de mettre sur pied sa sélection nationale. Le premier match se déroulera à l’Arena de Milan face à un adversaire qui s’avérera le rival le plus récurrent de l’histoire de la Nazionale. L’Italie accueille son voisin transalpin la France, les toutes premières couleurs de la tunique seront le blanc pour des raisons économiques, la victoire fut large : 6-2. L’équipe entraînée par Umberto Meazza étrilla donc ses cousins, et le premier buteur de l’histoire azzurra fut l’attaquant milanista Pietro Lanna, auteur d’un triplé ce soir là. Six mois plus tard, lors de la réception de la Hongrie pour le troisième match de son histoire, l’Italie arbora pour la première fois un maillot azzurro en honneur de la famille régnante : les Savoia…et ce pour le restant de son existence.
Dès 1912, l’Italie participe aux Jeux Olympiques de Stockholm – emmenée par un certain Vittorio Pozzo – où elle est éliminée en phase de poule. En 1915, avant l’entrée en guerre de l’Italie lors du premier conflit Mondial, une Nazionale encore en apprentissage ne compte que 6 victoires sur 19 matchs disputés. Le football reprend ses droits aux J.O d’Anvers de 1920, les Azzurri rencontrent leurs premier adversaire non européen, il s’agit de l’Égypte qui sera battue 2-1. Cette décennie sera marquée d’ailleurs par ces Jeux Olympiques auxquels l’Italie participera tous les 4 ans dont l’édition de 1928 lorsqu’elle décrocha le bronze à Amsterdam. Les Azzurri remportèrent également l’ancêtre de l’Euro : la Coupe Internationale – une compétition étalée sur plusieurs années – en devançant les meilleures formations de l’époque, c’est à dire les équipes de l’est : l’Autriche, la Hongrie et la Tchécoslovaquie.
Le double sacre Mondial
En 1930, le football prend un virage important avec l’organisation de la première Coupe du Monde de football en Uruguay, l’Italie y renonce de par la longueur et le prix du trajet, mais ce n’est que partie remise. Sous l’égide de Vittorio Pozzo, la Nazionale va faire un incroyable doublé lors des deux éditions suivantes. D’abord en 1934, l’édition italienne, à domicile, l’Italie dispose de la Tchécoslovaquie 2-1 après prolongations (après avoir battu la Wunderteam autrichienne en demi-finale) et remporte donc son premier titre de champion du monde.
Cette victoire à domicile ayant fait beaucoup parler d’elle, en France, en 1938, l’Italie va se démontrer comme étant la meilleure nation et conserver son titre en éliminant notamment le pays organisateur et le Brésil. Cette fois-ci, en finale, ce sera la Hongrie qui sera battue 4 buts à 2. La Nazionale est double championne du monde, tout comme le premier grand joueur italien de l’histoire, Giuseppe Meazza, présent lors des deux éditions victorieuses. Voici donc un doublé magnifique, entrecoupé d’une médaille d’or aux J.O de Berlin en 1936 en battant l’Autriche en finale avec une équipe formée d’étudiants dont le célèbre Annibale Frossi pour éviter toute contestation sur le statut de ses joueurs (le professionnalisme, problème d’époque).
La Nazionale domine le football et sera invaincue pendant 30 rencontres entre 1935 et 1939. Tout ceci sous les ordres du formidable Vittorio Pozzo, unique entraîneur de l’histoire à avoir remporté deux coupes du monde, le piémontais restera à la tête des Azzurri jusqu’en 1948, 36 ans après ses débuts aux J.O de Stockholm.
Toucher le fond pour mieux rebondir
La seconde guerre mondiale stoppa l’hégémonie azzurra, en effet des années moins glorieuses attendirent l’Italie. Il y eut d’abord la tragédie de Superga de 1949 qui décima la grande équipe du Torino dont les joueurs composaient le réservoir de la Nazionale de l’époque, ce malheureux événement influencera grandement les résultats de l’Italie les années suivantes, avec deux éliminations aux premiers tours des mondiaux brésiliens et suisses de 1950 et 1954, puis une non-qualification au Mondial suédois de 1958.
L’Italie retrouve la Coupe du Monde au Chili en 1962, une élimination sulfureuse face au pays hôte, ce match sera surnommé “la bataille de Santiago”, à cause des coups prohibés des joueurs chiliens, paradoxalement l’Italie finit à 9 ayant eu pour responsabilité de se défendre des coups bas sud américains.
Troisième élimination consécutive au premier tour, mais le pire devait arriver 4 ans plus tard avec une nouvelle élimination en Angleterre – cette fois ci sans alibi – face aux amateurs de la Corée du Nord, qui sera le paroxysme de cette délicate période de l’histoire de la Nazionale et ponctuera une période d’insuccès longue de presque 30 ans qui aura vu pas moins de 13 sélectionneurs se succéder sur le banc azzurro.
Retour parmi les grands
Valcareggi débute un règne long de huit ans sur le banc azzurro. Il redressera parfaitement la barre à la tête de la Nazionale, deux ans après l’humiliation subie par les nord-coréens, l’Italie est sacrée championne d’Europe des nations lors de la troisième édition de cette compétition disputée…en Italie. Les Azzurri se qualifièrent en finale en battant l’URSS…à pile ou face (pas de tirs aux buts à l’époque).
En finale à Roma, il fallait battre la Yougoslavie, après un nul 1-1, le match fut rejoué deux jours plus tard, Gigi Riva (actuel meilleur buteur de l’histoire de la Nazionale) et Anastasi donnèrent à l’Italie son seul et unique trophée continental jusqu’au jour d’aujourd’hui. Deux ans plus tard, au Mondial mexicain, la Nazionale emmenée par Facchetti et Rivera accède à la finale 32 ans après son dernier sacre et surtout après une demi-finale épique face aux allemands (4-3 après prolongations). Cependant le Brésil de Pelé écrase une Italie fatiguée en finale 4 buts à 1, quoi qu’il en soit revoilà l’Italie parmi les meilleures nations mondiales.
Un statut qu’elle ne confirme malheureusement pas à l’Euro 72 où la Belgique élimine le tenant du titre dès les quarts de finale, le Mondial 74 sera également une déception avec l’élimination au premier tour d’une Italie vieillissante et fatiguée. C’est Fulvio Bernardini qui succéda à Valcareggi à la tête de la Nazionale et inséra des joueurs émergents tels Bettega, Scirea, Tardelli ou Antognoni, le plus connu Enzo Bearzot reprit le flambeau peu avant le Mundial 78 et juste après un Euro 76 où l’Italie fut absente. Cette jeune Nazionale au fort accent bianconero ira chercher une très bonne 4ème place en battant même les futurs champions du monde argentins à domicile.
Ce ne fut qu’un rodage pour le Mondial suivant, en attendant l’Italie dispute de nouveau l’Euro à domicile en 1980, elle se fera sortir (une fois de plus) par la Belgique et terminera 4ème.
Sur le toit du monde
Nous voici donc au Mundial espagnol en 1982, une Italie très critiquée s’envole en terre ibérique, elle se qualifie au second tour après 3 nuls en 3 matchs, mais ensuite vint la marche triomphale, l’Argentine (championne en titre), le Brésil (grande favorite), la Pologne puis enfin la RFA tour à tour déposent les armes. L’Italie emmenée par un étincelant Paolo Rossi (meilleur buteur) reconquit un titre de champion du monde, 44 ans après la finale de Colombes. Des images marquantes, la course effrénée de Tardelli, le président Petrini dans les tribunes, Dino Zoff qui soulève le trophée du haut de ses 40 ans.
Cependant, cette formidable génération va vite vieillir, non qualifiée pour l’Euro 84, champions en titre, ils se font sortir par la France en 8èmes finale du Mundial mexicain en 1986. C’est la fin de l’ère Bearzot, Azeglio Vicini lui succède, ce dernier va inaugurer la malédiction des séances de penaltys. L’équipe est profondément renouvelée, à l’Euro allemand en 1988 avec un jeune Maldini, l’Italie atteint les demi-finales, un bel échauffement avant le Mondiale 90 à domicile. Azeglio Vicini porte les espoirs de tout un peuple, un parcours pour le moins triomphant qui s’arrêtera en demi-finale aux penaltys face à l’Argentine de Maradona, en y encaissant son premier but de la compétition (Zenga détient toujours le record d’invincibilité).
Une performance somme toute positive, cependant, avec le même groupe de joueur guidé par le capitaine Franco Baresi, l’Italie manque la qualification pour l’Euro 92 en Suède.
Maudits tirs aux buts
Arrigo Sacchi qui a tout gagné avec le Milan AC prend en charge les Azzurri pour les cinq années à suivre, il qualifie la Nazionale pour la World Cup 94, avec une équipe à forte teinte rossonera, il va lui aussi subir la malédiction des penaltys. D’abord une phase de groupe mal engagée, puis un parcours serré jusqu’en finale grâce à un étincelant Roberto Baggio, pour finir la défaite à Pasadena face au Brésil après un long match, le tout aux tirs aux buts. Il s’agissait de savoir qui entre l’Italie et le Brésil allait devenir le pays ayant gagné le plus de Coupes du Monde. Sacchi conclura son expérience sur le banc azzurro en Angleterre, où à l’Euro 96, il ne parvient pas à faire passer le premier tour à l’équipe d’Italie.
Cesare Maldini prend donc les rênes de la Nazionale, il subira le même sort, élimination aux penaltys face aux futurs champions du monde français après un très bon parcours. Au Stade de France, on doit encore voir l’impact du penalty de Di Biagio sur la barre transversale.
Dino Zoff, personnage historique du calcio succède à Maldini Senior, celui-ci connaîtra la plus grande tragédie sportive du football italien. Lors d’un Euro 2000 très relevé, l’Italie passe avec abnégation toutes les étapes, notamment une séance de penaltys qui lui sourit enfin face à un des deux hôtes de la compétition : la Hollande. En finale, face aux éternels rivaux français, Delvecchio ouvre le score, mais à 13 secondes du coup de sifflet final, Wiltord égalise, aux prolongations Trezeguet marque le golden goal (autre malédiction italienne). Le lendemain une terrible gueule de bois pour tous les italiens du monde.
Vers la quatrième étoile
Zoff démissionne, le Trap alias Giovanni Trapattoni, qui a tout gagné se voit offrir la Nazionale, l’un des plus grands entraîneurs de l’histoire va connaître deux cuisants échecs, d’abord en Asie orientale, la Corée du Sud et l’arbitre Moreno auront raison au but en or d’une Italie fatiguée mais qui possédait peut-être là, la meilleure génération de son histoire. Paolo Maldini du haut de ses 126 sélections tourne la page Nazionale en tant qu’azzurro le plus capé de l’histoire à l’époque. Deux ans plus tard à l’Euro portugais, une Italie mal préparée sort la tête basse dès le premier tour.
Il faut alors relancer la machine, Marcello Lippi obtient la confiance de la FIGC et façonne son équipe faite de joueurs talentueux et de guerriers, une formation qui va tout simplement un soir de juillet à Berlin en l’an de grâce 2006 faire tomber le tabou des tirs aux buts, en battant la France de Zidane. Le collectif est la force de ce groupe, les images sont dans les mémoires de tous encore, le penalty de Totti à la dernière seconde face à l’Australie, la frappe enroulée de Grosso à deux minutes des tirs aux buts contre le pays hôte l’Allemagne, la tête de Materazzi et le penalty décisif de Grosso une nouvelle fois encore en finale.
Le capitaine Fabio Cannavaro, infranchissable tout au long du Mondial soulève le trophée, un pays est en fête, l’Italie décroche sa 4ème étoile, seconde seulement derrière le Brésil. Lippi laisse la Squadra Azzurra, Donadoni lui succède, qualifie l’Italie à l’Euro 2008 qui sort en quarts de finale contre l’Espagne (futur vainqueur de la compétition)…aux tirs au but. Marcello Lippi reprend alors la Nazionale en main qu’il qualifie pour le Mondial 2010, tenante du titre, l’Italie passera totalement aux travers, dernière d’un groupe très facile, elle est éliminée sans gagner un match et quitte l’Afrique du Sud, humilée.
le 5 avril 2010 à 13h54
Valentin Pauluzzi - billy@calciomio.fr
VOS RÉACTIONS
ACTUALITÉS
29/07 Del Neri (Juventus) “Sur la bonne voie”
29/07 Shamrock-Juventus : Sous le signe d’Amauri
29/07 Shamrock 0 – 2 Juventus
29/07 Ag. Gattuso “Je ne pense pas que le Milan veuille se séparer de lui”
29/07 OFFICIEL: Allegretti (Bari) à Grosseto
29/07 Javier Pastore (Palermo) “Ca va être mon année”
29/07 Gasparin (Sampdoria) “La Roma n’a pas voulu qu’on reprenne Guberti”
29/07 OFFICIEL : Iago Falque (Juventus) à Villareal
29/07 Gilardino “Je reste, je suis très bien à Florence”
29/07 OFFICIEL : Lukovic (Udinese) au Zénith
Toutes les dernières actualités du calcio
ARTICLES RELATIFS
Rocchi se blesse et rentre en Italie, Lotito est furieux
Mauvaise nouvelle pour Casiraghi aux JO : Tommasso Rocchi a une microfacture au péroné et doit quitter Pékin. Il devrait rentrer en Italie et être ...
Italie : une équipe commence à se dessiner
Les titulaires battent les réservistes 1-0. But de Quagliarella. Ceci est le résultat de la seconde opposition de Lippi lors de l’entraînement de cet ...
JO : Italie-Belgique en quarts
Il ne reste visiblement plus que des grosses équipes dans ces quarts de finale du tournoi olympique. Les affiches sont Argentine-Pays-Bas, Brésil-Cameroun, ...
Italie Espoirs: Les convoqués de Casiraghi
PierLuigi Casiraghi a donné sa liste pour affronter la Bosnie mardi 13 pour le compte des qualifications de l’Euro Espoirs. Marrone et Carraro sont les ...
Italie – 19 : On connait les adversaires
Le tirage au sort a envoyé l’Italie avec le pays organisateur : la République Tchèque, ainsi que la Grèce et l’Angleterre pour la phase finale ...
SUIVEZ NOUS SUR FACEBOOK
SONDAGE
Loading ...












Un commentaire pour “Histoire de l’Equipe d’Italie”
Merci pour cet article tres intéressant et magnifique a propos de notre squadra
Laisser un commentaire
Comment avoir un avatar associé à ses commentaires en quelques minutes ? Inscrivez-vous sur Gravatar.com, ajoutez-y une photo. Ensuite, il vous suffit d'écrire un commentaire avec le même email que celui inscrit sur Gravatar.com, l'avatar sera automatiquement affiché.