Calciostory : Le jour où Buffon a arrêté le temps à l’Euro 2008

Après la lourde défaite de l'Italie à Münich contre l'Allemagne, dans un élan de générosité, Calciomio a décidé de réconforter ses fidèles suiveurs. Comment ? Bien tout simplement en ressassant en vous un souvenir pas si lointain, une action de fuoriclasse, un geste gravé à jamais dans les mémoires collectives réalisé par un joueur qui a toujours fait l'unanimité. Cadeau.

Par Guedid Mohamed publié le 04 Avr 2016

Gigi Buffon vs Mutu

13 juin 2008, Zürich. L’Euro Austro-Suisse bat son plein et l’Italie de Donadoni en est à son deuxième match de la compétion contre la Roumanie de Mutu, Chivu, Contra et autres Lobonț. Après leur lourde défaite en ouverture face à la génération dorée des Pays-Bas, les Italiens sont dans l’obligation de faire un résultat contre leurs lointains cousins. Voilà le décor planté, replongeons-nous maintenant dans ce match d’anthologie.

Un match plein de rebondissements

Le début de rencontre annonce la couleur, les occasions de part et d’autre portent l’espoir d’un grand match. Del Piero manque de peu le cadre alors que de l’autre côté du terrain, Buffon se couche bien sur la première frappe d’Adrian Mutu et doit remercier son montant après un coup franc dévié de Cristian Chivu. Le public du Letzigrund qui a fait le déplacement en cette douce après-midi ensoleillée sait qu’il en aura pour son argent. C’est dans cette atmosphère à la fois festive et stressante que la Nazionale va peu à peu prendre l’ascendant sur son adversaire. Perrotta s’emmêle les pinceaux dans les 5 derniers mètres tandis que Toni fait briller Bogdan Lobonț. Arrive alors le premier tournant du match, l’assistant de monsieur Tom Henning Øvrebø (l’arbitre de Chelsea-Barcelone 2008-09 et de Bayern-Fiorentina 2009-10 entre autres) annule injustement un but à Luca Toni à cause d’un hors-jeu inexistant…

Sonnée mais bien décidée à ne pas se faire éliminer après seulement deux matchs, la Nazionale repart de l’avant après la pause. Le premier but du match intervient cependant contre le cours du jeu. Sur un coup-franc anodin dans la moitié roumaine, Zambrotta commet l’irréparable. N’ayant pas senti le souffle de l’affamé Mutu derrière lui, il se hasarde à remettre le ballon en retrait pour son gardien. C’est pile dans la course d’un Mutu qui n’en demande pas tant, Buffon ne peut rien faire. À ce moment de la rencontre, la Squadra Azzurra est éliminée. Les évènements sont contre l’Italie mais cette dernière puise dans ses ressourses les plus profondes pour très vite se relever. Il s’agit de marquer le plus rapidement possible pour ne pas douter et c’est ce que Panucci fait dès le corner suivant bien aidé par la remise d’un tout jeune Chiellini. Le score est de nouveau pair une minute seulement après le but de la Roumanie. La tempête est passée, l’Italie veut désormais arracher la victoire dans les dernières minutes et De Rossi bute sur un Lobonț des grands soirs. Peu après, arrive le deuxième tournant du match, l’officiel prend la décision de siffler un penalty pour les Roumains, pour une faute de Panucci sur Niculae. Buffon n’y croit pas ses yeux et converse, échange un sourire de courtoisie avec l’arbitre, mais le mal est fait. Encore un fait de jeu contre l’Italie. Bon.

Un peu plus et s’ouvrait une faille spatio-temporelle

San Gigi recule, se positionne sur sa ligne. Il paraît sûr de lui, les cheveux bien dressés par un élastique, un foulard au cou et le brassard autour du bras depuis la sortie de Del Piero. Il dégage une aura indescriptible, il fait peur. D’ailleurs Mutu, le fantassin roumain n’ose pas le regarder dans les yeux. Il pose son ballon sur le point de penalty, recule dos au but, regarde l’arbitre. Il reste alors 10 minutes à tout casser, c’est la balle de match ; la nation retient son souffle. Mutu s’élance mais Buffon savait de quel côté plonger, non, c’est un peu plus axial que prévu, et surtout plus puissant qu’une simple recherche du petit filet. Et là, la main ferme de Gigi pour répondre (non !), mais l’action n’est pas finie, le ballon est encore dangereux. L’horloge tourne mais le temps lui, s’arrête. Il attend l’aval de Gigi. Et là, le dernier rempart italien met son pied en opposition pour écarter le danger (non c’est non !), et il se relève sur l’appui suivant permettant enfin au temps de reprendre son cours normal. Quelques instants de plus et une faille spatio-temporelle s’ouvrait…

Cette prouesse a servi de déclic aux azzurri qui ont ensuite réussi à sortir du groupe en dominant la France au troisième match grâce également aux Pays-Bas qui ont joué le jeu jusqu’au bout. Les hommes de Donadoni se feront finalement éliminer en 1/4 de finale aux tirs au but par les futurs champions espagnols, non sans leur avoir donné du fil à retordre.

Guedid Mohamed

Rédacteur Milan



Commentaires




Lire aussi

Calciomio est le premier site d'information sur le calcio et le foot italien.