Calciostory : Et Eder libéra l’Italie !

Le 17 Juin 2016, la Nazionale affrontait une vaillante équipe de Suède dans le cadre de la deuxième journée des phases de poules de l'Euro français. Calciomio y revient et vous emmène au Stadium de Toulouse pour revivre cette rencontre très tendue.

Par Boris Abbate publié le 10 Nov 2017

Dans la liste des attaquants retenus par Ventura pour affronter la Suède les 10 et 13 Novembre prochain, le nom d’Eder est surement le moins clinquant parmi les 4 autres bomber italiens présent. Et pour cause, avec seulement 147 minutes de jeu disputées et un seul petit but inscrit depuis le début de la saison, l’attaquant de l’Inter fait légèrement « tâche » aux cotés des mastodontes azzurri que représentent Immobile, Zaza ou encore Belotti. Pourtant, quand il s’apprête à affronter la Suède lors du deuxième match de l’euro 2016, Eder est pratiquement incontournable dans le système en 3-5-2 d’Antonio Conte, et il constitue même le fer de lance de l’attaque italienne aux cotés de son pote Graziano Pelle. Oui, que le temps passe vite.

Le spectacle en tribune, l’ennui sur le terrain

Après avoir marché sur la Belgique et la bande à Eden Hazard à la surprise générale en ouverture de l’Euro, c’est une Nazionale légèrement favorite qui prépare son deuxième match de groupe face à la Suède. De manière à ne pas enrayer la machine, Antonio Conte aligne à peu près la même équipe qui a traumatisé les Diables Rouges quelques jours plus tôt, et seul Florenzi prend la place d’un Darmian peu inspiré lors du premier match. De son coté, la Suède, elle, n’a plus le choix. Après une grande déception face à l’Irlande, le groupe de Zlatan Ibrahimovic doit forcément flirter avec l’impossible et sortir une grosse prestation face aux Italiens ou aux Belges pour poursuivre l’aventure en France. Et ça, Zlatan et les supporters suédois l’ont très bien compris. Dans les tribunes, les couleurs violettes du TFC ont totalement disparu, et c’est une marée de t-shirts jaune et bleu qui recouvre le Stadium. Au milieu de ce nuage de Scandinaves, les quelques tifosi italiens déguisés en gladiateur ont plutôt l’air perdu, et c’est dans cette amusante atmosphère que le match débute.

Un engouement dans les gradins, qui ne se retrouve malheureusement pas sur le terrain. Les Suédois sont agressifs, trop agressifs même, et le milieu de terrain scandinave bouffe tout ce qu’il trouve sur son chemin, quitte à gouter à un peu d’azzurro. Un bout de De Rossi par-là, un morceau de Parolo et Giaccherini par-ci, et voila l’entrejeu italien qui se retrouve rapidement à bout de souffle. Résultat, la rencontre devient rapidement hachée, les fautes techniques se multiplient comme jamais, et seuls Chiellini, Bonucci et Barzagli semblent se faire plaisir en renvoyant les assauts mal maitrisés des Suédois. Devant, Eder et Pelle, sont introuvables et gâchent les très rares ballons qui leur arrivent, tandis que les centres de Candreva et Florenzi sont constamment inoffensifs. Heureusement qu’Ibrahimovic, placé en faux numéro 10, régale par moment avec quelques-uns de ses gestes extravagants, car quand l’arbitre siffle la fin des 45 premières minutes de jeu, tout le monde ne pense qu’à une seule chose : en finir avec ce match, et rapidement.

Un coup de génie à la 88ème minute

Mais la deuxième période repart exactement sur les mêmes bases. Certes, Italiens et Suédois reviennent sur le rectangle vert avec plus d’application et d’envie, mais les premières occasions tardent toujours à arriver. Les Scandinaves, déterminés mais sans idées, régalent la défense « turinoise » en abusant de centres inutiles. Pelle est lui toujours invisible, et les erreurs dans la dernière passe pourrissent de plus en plus sur la pelouse. Il faut attendre des petits dribbles de la part des deux milieux de poches italiens, Florenzi et Giaccherini, pour enfin apercevoir de l’excitation dans les tribunes. La rentrée de Zaza coté azzurro va dans ce sens, et le match se débride peu à peu. Les espaces tant attendus arrivent, et les premières situations dangereuses également.

Ibrahimovic fait frissonner le stade avec un énorme raté, Parolo est tout proche d’éliminer le gardien adverse, avant de fracasser sa barre d’une énorme tête quelques instants plus tard. Ça y est, le match est enfin lancé. On joue la 82 ème minute, il était temps. Et sur une touche anodine en fin de match, Zaza passe la balle à Eder, qui rentre dans la défense scandinave comme dans du beurre. L‘Oriundo envoie le numéro 4 suédois aux fraises, et ajuste parfaitement Isaksson d’un amour d’enroulé du pied droit. 1-0. La Squadra s’en remet à un coup de génie de son attaquant pour débloquer la situation, avant de gérer vainement la fin du match puis de l’emporter. Depuis, une année est pratiquement passée, et à l’aube d’un nouvel affrontement décisif entre Italiens et Suédois, nul doute que Ventura pensera surement à lancer le désormais « dénigré » Eder, bourreau des Scandinaves, si les choses tournent mal. Après tout, « on réussit souvent mieux avec la queue du renard qu’avec la griffe du lion » dit un célèbre dicton suédois.

Boris Abbate

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