Bonucci au Milan AC, révolution au sommet de la Serie A

C'est probablement le transfert le plus retentissant de l'été en Serie A. Leonardo Bonucci fait donc désormais partie de l'effectif du Milan AC, et bouleverse avec son départ un équilibre italien tout à l'avantage de la Juventus. Pour le Milan AC, le changement de dimension est désormais acquis, et l'arrivée de l'international italien pourrait tout changer: en terme de stature, d'organisation mais aussi d'ambitions.

Par Romain Simmarano publié le 14 Juil 2017

Incontestablement, le transfert de Leonardo Bonucci au Milan AC marque un tournant dans l’histoire de la Serie A. Au fil des saisons ces dernières années, la Juventus s’était imposée comme son prédateur implacable sur le marché des transferts. L’AS Roma avec Pjanic et le Napoli avec Higuain peuvent ainsi en témoigner. Toutefois, ces transferts ne sont pas comparables avec le coup de tonnerre Bonucci. D’abord, parce qu’un joueur qui passe du Napoli ou de la Roma à la Juventus, cela n’étonne en fait plus grand-monde. Le dominant récolte les meilleurs éléments des dominés, dans une forme d’ordre aussi naturel que cruel. Avec cette signature incroyable, le Milan AC bouleverse cet équilibre. Toute la question est de savoir si le club lombard est capable d’inscrire cette révolution dans la durée. En tout état de cause, l’impact sportif de l’arrivée du défenseur central est tout sauf anodin.

L’atout majeur du Milan AC

Depuis combien de temps le Milan AC n’avait-il pas eu, dans son équipe, un joueur capable d’être titulaire dans tous les clubs du monde ? Probablement depuis les départs de Thiago Silva et Ibrahimovic, il y a cinq ans. Le coup est donc magistral, d’autant qu’il vient succéder à un mercato déjà bien rempli avec pas moins de huit recrues avant lui. Bonucci arrive ainsi dans un contexte de reconstruction express et dans le cadre d’un projet sportif très ambitieux. Ce n’est pas un hasard (même si c’est toujours précipité) que la presse italienne évoque aujourd’hui un Milan AC capable d’aller chercher le Scudetto. L’ancien défenseur de la Juventus est capable de s’imposer comme le patron d’une défense complètement repensée. Il pourra faire progresser Romagnoli comme jamais, diriger Musacchio, orchestrer l’action de ses deux arrières d’aile. Avec Romagnoli et Conti, d’ailleurs, c’est une défense en partie italienne qui pourrait devenir incontournable pour la Nazionale. Au fond, son expérience et son talent sont tels que Montella pourrait même envisager de renoncer à son 4-3-3 fétiche pour expérimenter autour de lui, et pour lui. Face à un tel constat, une seule question mérite d’être posée : pourquoi la Juventus a-t-elle accepté de s’en séparer ?

Un départ dans des circonstances opaques

Du côté de Turin, les tifosi comprennent mal ce choix mais se doutent de ses implications. Quelque chose s’est cassé dans le vestiaire de la Juventus : était-ce à la mi-temps de la finale de la Champions League, était-ce bien avant lorsqu’un premier incident avait opposé Allegri à Bonucci ? Il semble clair que le transfert en est dans tous les cas une conséquence directe. En revanche, il y a forcément dans cette affaire une part de sanction de la part du club, et une part de volonté du joueur de quitter Turin. La sanction est indéniable : la Juventus est une grande institution, et si un joueur entend la quitter, il est libre de le faire. L’institution prévaut et survit aux joueurs, quels qu’ils soient. Pour autant, la volonté de Bonucci de filer est elle aussi une donnée notable. Déjà, les supporters et les passionnés parlent de trahison. Un tel transfert a des implications qui vont au-delà du sportif. Il repositionne le Milan AC comme un concurrent réel de la Juventus, y compris sur le marché des transferts. Voilà en tout cas qui promet une saison trépidante et intense en Serie A !

Romain Simmarano

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