Quand Berlusconi « sauvait » le père d’Andriy Shevchenko

C'est une histoire comme le football en a de moins en moins à offrir. Arrivé à l'été 1999 au Milan AC en provenance du Dynamo Kiev, le jeune Andriy Shevchenko fait la connaissance de Silvio Berlusconi, président charismatique du club. Entre les deux hommes qu'une génération pleine sépare, une amitié détonnante se crée. Avec, pour toile de fond, la santé du père de l'attaquant ukrainien.

Par Romain Simmarano publié le 08 Oct 2016

berlu-sheva

Fanta Sheva fête ses 40 ans quelques jours après qu’Il Cavaliere ne souffle ses 80 bougies. Un clin d’oeil du destin qui rappelle le lien tout particulier qui unit Silvio Berlusconi à son ancien n°7 Andriy Shevchenko. Sous le maillot du Milan AC, ce dernier aura tout remporté: « sa » Champions League en 2003, le titre en Serie A en 2004 suivi d’un Ballon d’Or amplement mérité. Le destin personnel de l’ukrainien coïncide avec celui du Président Berlusconi, qui vit durant ces mêmes années un mandat complet de Président du Conseil italien. Etrange connexion entre deux hommes que tout oppose, entre le modeste natif de Dvirkivchtchyna et le golden boy italien. Une connexion qui conduira l’entraîneur actuel de l’équipe nationale ukrainienne à faire de Silvio Berlusconi le parrain de son premier fils ! Comme chaque belle histoire, celle-là connaît aussi un mythe fondateur.

« Il a vécu quinze années de plus grâce à Berlusconi »

Gravement malade, Mykola Shevchenko, le père de l’attaquant du Milan AC, doit subir une opération à coeur ouvert particulièrement lourde. Le jeune ukrainien s’occupe alors des démarches médicales et fait part à son président de ses craintes. La réaction de Berlusconi est immédiate et sans concession : Papa Mykola sera opéré à la Polyclinique San Matteo di Pavia, par les professeurs personnellement affectés au Caïman, et bien entendu à sa charge. Ce geste ne sera jamais oublié par Shevchenko, et on peut le comprendre. Simple témoignage d’affection d’un président paternaliste à l’un de ses joueurs les plus en vogue, ou réelle démonstration d’humanité d’un ami l’autre, difficile de juger a posteriori ce cadeau. Mais le résultat est là : il aura contribué à forger une relation spéciale entre deux hommes que rien n’a su séparer depuis. Décédé en mars dernier, le père du bomber lui aura inspiré cette phrase, lâchée avec gravité sur Italia 1 : « Mon père a vécu quinze années de plus grâce à Berlusconi. »

Baptême de Jordan, retour à Milan, Tassotti…

Ce n’est pas un hasard si l’aventure milanaise de Shevchenko connaîtra une deuxième étape, moins glorieuse mais elle aussi riche en émotions. La volonté présidentielle de Berlusconi pèsera énormément pour faire rentrer l’ukrainien au bercail. La réponse, d’une certaine manière, à ce jour d’été de 2005 lorsque, quelques mois après son Ballon d’Or, Andriy Shevchenko fera l’honneur à son Président d’en faire le parrain de Jordan, son premier fils. Entre gratitude et pure classe, c’est alors le signe fort d’une amitié indéfectible. Une amitié rare avec Berlusconi, un amour profond pour le Milan AC et ses hommes forts, que Mister Shevchenko démontre encore aujourd’hui. En effet, en choisissant Mauro Tassotti, l’éternel milanais, comme adjoint à la tête de la sélection ukrainienne, il perpétue un peu plus ce lien que 40 années d’écart n’auront jamais réussi à dénouer. Et le signe que, à Milan, rien ne se fait jamais vraiment comme ailleurs.

Romain Simmarano

Rédacteur



Commentaires




Lire aussi

Calciomio est le premier site d'information sur le calcio et le foot italien.