La belle revanche de Levan Mchedlidze

Buteur à 3 reprises sur les 2 derniers matchs, Levan Mchedlidze était la bonne surprise des fêtes de fin d'année à Empoli. Après une expérience manquée et tendue au Palermo, l'attaquant géorgien retrouve les Siciliens cette après midi pour ce qui s'annonce comme le choc de cette 19 ème journée de Serie A.

Par Boris Abbate publié le 07 Jan 2017

levanmchdelize

Sous les derniers rayons de soleil de l’année et sur une pelouse en grande souffrance, Gigi Buffon et ses coéquipiers font la tête des mauvais jours. Oui, en cette belle après midi d’automne à Turin, le gardien le plus classe de l’histoire doit récupérer une deuxième fois le ballon dans ses filets, et les supporters du Stadio Olimpico le savent, leur équipe aura bien du mal à revenir dans la rencontre. Au milieu des Cavani et Miccoli, c’est un jeune garçon de 18 ans qui fête inconsciemment son but. Son nom ? Levan Mchedlidze. Il ne le sait pas encore, mais son but mettra fin à une série noire, puisque les Rosanero ne gagnaient plus chez la Juventus depuis 1962 ! Alors, forcément, les superlatifs ne manquaient pas à l’époque pour ce jeune joueur. Mais aujourd’hui, 8 ans plus tard, la carrière du Géorgien n’a rien d’un conte de fées.

Une expérience « emblématique » au Palermo

En fin de compte Mchedlidze à Palerm c’est seulement 11 apparitions et ce seul et unique but contre la Juventus, à Turin. L’attaquant est barré par la concurrence et manque cruellement de temps de jeu. Une situation et un contexte difficile à gérer pour un jeune joueur qui vient à peine de débarquer en Italie. Alors le garçon craque et commet l’irréparable. Pendant la trêve hivernale de 2010, l’attaquant rentre en Géorgie pour passer ses vacances en famille, mais au moment de la reprise des entrainements, Mchedlidze n’est toujours pas rentré en Sicile et préfère rester tranquillement au pays avec ses proches. Une fugue volontaire, qu’il justifiera en partie à cause de ses rapports compliqués avec son entraineur, Delio Rossi : « J’étais en désaccord avec lui, il ne me convoquait jamais pour les matchs et me traitait comme la dernière roue du carrosse. Je pensais partir en Janvier, donc j’avais décidé de rester en Géorgie ». 

Les dirigeants palermitains sont furieux, et Mchedlidze est directement mis hors du groupe à son retour. Un éternel regret pour Walter Sabatini, directeur sportif du club au moment des faits, qui croyait beaucoup en lui. Il le définira même comme « le plus grand échec de sa carrière de directeur sportif ». Le géant géorgien (187 cm) termine donc son prêt à Palerme et retourne à Empoli, où un certain Maurizio Sarri n’hésite pas à le faire jouer. Il participe activement à la remontée du club en Serie A mais des blessures le freinent constamment. Habitué à jouer que de petits bouts de matchs, l’attaquant marque peu, seulement 13 buts Serie A et Serie B confondus, sauf que ses récentes prestations laissent présager un avenir meilleur.

Une carrière enfin lancée ?

« King Kong », comme on aime le surnommer va beaucoup mieux physiquement, il a même débuté tous les match depuis début décembre en plus de se montrer décisif. C’est simple, les 3 derniers buts des Azzurri ont été inscrits par lui. Avec un Maccarone vieillissant et un Gilardino sur le départ, c’est le moment ou jamais pour frapper un grand coup et enfin s’assurer une place de titulaire. Mchedlidze c’est aussi du caractère, beaucoup de caractère. Grand travailleur et généreux, il n’hésite pas à redoubler d’efforts pour ses coéquipiers. « Mes 2 buts contre Cagliari m’ont libéré, je suis mieux physiquement et je joue plus, c’est un nouveau départ pour moi, j’y crois fort ! ». Le Géorgien a en tout cas toutes les cartes en main pour continuer sur sa lancée, et ironie du sort, Palermo sera son prochain adversaire, l’occasion de définitivement mettre une croix sur un passé douloureux. A 26 ans, il serait temps !

Boris Abbate



Commentaires




Lire aussi


Calciomio est le premier site d'information sur le calcio et le foot italien.