Après-match : Italie-Espagne

C'est au Juventus Stadium qu'est donné le coup d'envoi de cette première confrontation entre l'Italie et l'Espagne. Enjeux ? Le prestige, la primauté, la première place du groupe des qualifications pour le Mondial. Chacune des deux formations est déterminée à vaincre son rival, une nouvelle histoire reste ainsi à écrire, c'est parti !

Par Christophe Malcangi publié le 06 Oct 2016

Italie-Nazionale

Le film du match

Vingt-deux protagonistes latins sur la pelouse, un officiel Allemand, et c’est parti. L’allure est immédiatement donnée par la Roja, très en jambes et particulièrement efficace lorsqu’elle trouve la largeur, ce qui a le don d’embêter trop vite le bloc azzurro. Quelques agacements de Bonucci et pertes terrifiantes plus tard, une percée d’Iniesta permet aux Espagnols de trouver le cadre une première fois. L’illusionniste est à la baguette sur l’ensemble des montées de son groupe, le pressing agressif des visiteurs entrave en outre le ‘BBR’ à chacune des relances, et le condamne à abandonner (très) facilement le ballon. Un coup de tête de Piqué et une série de corners vont pousser la Nazionale à se recroqueviller jusque devant sa ligne de but, à tel point que le défenseur du FC Barcelone va se retrouver à plusieurs reprises dans la position d’ouvrir le compteur. A la demi-heure de jeu Montolivo doit céder sa place (ce que l’on pouvait certes, espérer secrètement) après un vilain tacle reçu, et Bonaventura s’élance pour redonner un peu d’aplomb au groupe à l’agonie. Après une continuité de déchets dans les transmissions qui se généralisent, la mi-temps n’offrira finalement rien de bien ragoûtant.

A la reprise on repart sur la même dynamique, bien que l’équilibre soit plus affiché l’Espagne parvient à transmettre correctement jusque la surface italienne, et un appel pour Vitolo va lui permettre d’ouvrir le score à la suite d’une sortie rocambolesque (et complètement manquée) de Capitaine Buffon. Peu avant l’heure de jeu, la Nazionale est donc condamnée à revenir, et c’est un scénario catastrophe qui se profile pour les tifosi turinois venus assister à ce qui semble être une déroute. Pellè quitte alors les siens sous les sifflets tandis que la carte Immobile est posée. L’attaquant entré en jeu est malheureusement en retard sur un centre fuyant à la 65ème minute, quant au même Vitolo, il n’est pas loin de sceller le sort des Italiens peu après.

A l’approche de la conclusion, Ventura tente le pari Belotti en soutien des deux attaquants pour une recomposition en 3-4-3. Rien de bien folichon alors jusqu’à ces dix dernières minutes et l’éclair de génie d’Eder qui obtient le pénalty devant le bien penaud Sergio Ramos. De Rossi se charge de porter le score à égalité et la Nazionale parvient subitement à mettre l’Espagne en difficulté, une première, avec en addition un but refusé pour Belotti qui aurait pu exulter comme jamais. Les dernières insertions Espagnoles iront de leur côté mourir suffisamment loin de la cage de Gigi Buffon, on en restera alors à un but partout et bien sûr, toute la Botte s’en contentera.

Les enseignements

Défense imparfaite mais pas entière coupable. Gianluigi Buffon succède à Giorgio Chiellini dans la prestation tragique, une très lourde erreur à la reprise coûte le but assommoir aux Italiens, on est peiné pour sa pomme. Leonardo Bonucci aura été intelligent sur la première partie de rencontre, ce en obtenant les avertissements adverses qui ont bien calmé certaines ardeurs, et puis ça suffira pour celui qui réalisera une bonne performance globale. Romagnoli fait ses grands débuts dans le trio et n’a pas nécessairement démérité, sans être pour autant percutant il se montre serein dans l’anticipation, c’est notable. Enfin Barzagli n’a pas été le plus ridicule dans la couverture sur son côté droit, même si l’on pourra encore reprocher cette lenteur « naturelle » qui coûte trop d’appels dans le dos.

Énormément de déception pour l’association Parolo-Montolivo qui se recompose assez vite en Parolo-Bonaventura, le laziale est coupable d’errements et d’inexactitudes flagrantes tandis que Giak aura eu au moins le mérite de réussir quelques transmissions, le tout est au final bien mieux que son compère du Milan AC. La couverture de Daniele De Rossi aura été la tâche la mieux accomplie du groupe (pénalty transformé en prime, la totale), on ne pourra pas dire autant de Florenzi qui n’a que trop rarement accompli sa tâche ‘candrevesque’, et que dire lorsque le même Candreva a croupi sur le banc pour voir ça. Mattia De Sciglio compense avec une performance raisonnable, il se montre plutôt habile dans le placement en face des montées de Silva et Carvajal.

Graziano Pellè parait s’être acclimaté au niveau chinois et n’a fait que pâle figure au cours des soixante minutes jouées, on va avoir du mal à le retrouver sous l’ombrage de Ventura s’il ne se relève pas de sitôt en Macédoine, car la compétition fait bien rage à son poste. Eder fut bien lancé plusieurs fois en profondeur mais cela n’aura jamais fait chanceler la moindre fois la défense Espagnole, un fait. Mais l’avant-centre de l’Inter obtient le pénalty qui le permet (encore) de sortir de l’ombre, et malgré tout, on n’a jamais envie de se séparer d’Ederinho ! Les entrées de Belotti et Immobile avaient pour intention d’inscrire un but pour éviter le pire, leur présence aura alors bien permis aux azzurri de créer le surnombre et les décalages nécessaires pour revenir (si ce n’est pour plus), un bon point ici pour Ventura.

En contraste, les quelques échecs techniques de Giampaolo Ventura pourraient évidemment être traités à la loupe. On aura beaucoup de mal à comprendre sa prescription à se séparer de Candreva et Verratti (blessé ?) au cours d’une affiche d’une telle importance, bien qu’on puisse entendre l’idée d’un coup de poker fou. Ventura pouvait sûrement payer des décisions qui pouvaient bien manquer de cohérence, mais l’incroyable scénario de fin de rencontre et ses apports offensifs gagnants seraient presque synonymes d’un pardon allant de soi. Finalement, le pire à la maison est évité avant un déplacement en Macédoine qui devra être récompensé d’un succès, afin que rien ne se complique avant le mois de novembre.

La feuille de match

Italie-Espagne 1-1 (0-0)

Buteur(s) : Vitolo 55′, De Rossi 82′ sp

Italie (3-5-2): Buffon ; Barzagli, Bonucci, Romagnoli ; Florenzi, Parolo (Belotti 76′), De Rossi, Montolivo (Bonaventura 30′), De Sciglio ; Eder, Pellè (Immobile 59′).

Espagne (4-2-3-1) De Gea ; Carvajal, Piqué, Ramos, Jordi Alba (Nacho 22′) ; Koke, Busquets ; Silva, Iniesta, Vitolo (Thiago 84′) ; Diego Costa (Morata 67′).

Arbitre : Brych (ALL)

Christophe Malcangi

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